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12/12/2007

"Le premier qui dit la vérité ..."

Les réunions de familles, surtout quand i  est question d'héritge ou de cadeaux, peuvent rapidement tourner au règlement de compte... le petit Ralph en fera la "cruelle" expérience en passant la  journée de  Noël enfermé  dans sa chambre.
Il est vrai qu'il  n'a pas de chance car il cumule : sa grand-mère a tout d'une peste, sa grand tante a toujours une fragilité quelconque l'empêchant, bien malgré elle d'aider Tansy( la mère de Ralph) qui  a fort à faire  car c'est sur elle seule que repose l'organisation de ce Noël familial.9782211078481
"-La tradition ? pouffa maman. Les combats entre ours et chiens aussi,  c'était la tradition. Et puis autrefois, la tradition voulait qu'on se moque des fous Et que les hommes ne mettent jamais les pieds dans la cuisine.
ce qui la ramena à la réalité. Elle prit oncle Tristan par la manche pour qu'il vienne décoller le scotch de la porte du four,  arroser la dinde et vérifier que les pommes  de terre  ne brûlaient pas ".
Vous l'aurez compris, Anne Fine, dans Au secours c'est Noël se  livre à un joyeux jeu de massacre des  traditions.
Chacun se plaira à reconnaître quelqu'un de sa connaissance dans cette famille bigarrée et sympathique : le grand-père bricoleur qui casse  plus qu'il ne répare, les  neveux, Attila  juniors qui détruisent tout sur leur passage sous les yeux indifférents de leurs parents...Alors forcément avec de tels individus , quand quelqu'un a la "bonen " idée de  jouer à l'équivalent du jeu de la vérité, la mèche est allumée...
Anne Fine vous aura prévenu :  "Vous attendez Noël  avec impatience? Méfiez-vous !"
a glisser dans les souliers à partir de 9 ans pour engendrer les sourires et détendre l'atmosphère :"Chez nous, c'est quand même plus calme ! ".
PS: pour ceux qui manqueraient d'idées, en prim  deux listes de cadeaux de Noël sont offertes par Ralph ...

07/12/2007

En noir et blanc

Bizarrement,en lisant la première enquête de Smokey Dalton, La route de tous les dangers, j'ai eu l'impression de replonger dans les films de mon enfance, en noir et blanc.
Kris Nelscott revient en effet sur l'histoire des  Etats-Unis dans les années 60 , époque pas si lointaine et en mêm temps si étrange .21IixzuVQ4L
Une époque où Noirs et Blancs ne vivaient pas ensemble et quasiment pas les uns à côté des autres. Et poutant le détective Noir,Smokey Dalton, bon gré mal gré, va vite se rendre compte que la cliente Blanche qui l'a engagé, Laure Hathaway ,et lui même, ont des passés qui se rejoignent...
Curieuse situation que ce détective qui enquête sur un passé qu'il voulait à jamais enfouir.
En toile de fond, l'assassinat de Martin Luther King vient donner une réelle profondeur au roman, le replaçant dans un cintexte historique qu'on aurait un peu trop tendance à oublier .
L'intrigue avance à son rythme, sans précipitation, et même si j'avais deviné une partie des liens qui unissent  les deux protagonistes au bout de cent pages, j'étais pourtant loin du compte...Une histoire d'amour digne d'une tragédie classique éclaire pourtant ce roman.
Ce sont les personnages,et en particulier celui de Smokey, qui font toute la richesse du roman et donnent envie de poursuivre l'aventure. La preuve : je suis déjà en train de lire le deuxième volume, lui aussi sorti  en poche.
Merci à Michel  pour cette découverte !

30/11/2007

Pour les esprits curieux...

Aller voir cequi se passe dans la tête d'un psy durant une séance quoi de plus excitant ? hé bien, c'est à cela et à bien d'autres choses encore que nous invite Mensonges sur le divan.
Irvin D. Yalom sait de quoi il parle car il est à la fois romancier et psychiatre.  Quand en plus l'action se déroule aux Etats-Unis et met en scène une avocate ,bien décidée à se venger du psy de son mari, la situation va devenir détonante !218Mwk1C4RL
Patients dissimulateurs,joueurs compulsifs, rivalités professionnelles, épouse communiquant par Ikebana interposé, les psys ne sont pas   à la fête chez Irvin D. Yalom mais lelecteur se régale !
Tout le mondement à tout le monde mais le romancier agence sa narration avec maestria et on ne s'ennuie pas une minute.
Les personnages ne sont pas caricaturaux,mais simplement humains, on sourit beaucoup car le plus malin n'est pas forcément celui qui croit avoir toutes les cartes en main...
Le style fait mouche :  "Je parie que tes fantasmes et les siens dansent un menuet moite dans le monde des  fantasmes ", une satire au vitriol de la judiciarisation de la société américaine où l'on "rappelle" des patients comme des véhicules potentiellement dangereux, le plaisir est total est en plus,il vient de sortir en poche !

l'avis enthousiaste de Cuné.

29/11/2007

Trop de lecture peut nuire...

Emprunté un peu par hasard à la médiathèque, Un esprit jaloux s'est révélé être plutôt une bonne surprise.
Renouant avec la veine des  contes horrifiques du XIXème siècle anglais, dont il maîtrise parfaitement les codes, ce roman se déroule denos jours et met en scène une jeune américaine venue étudier en Grande-Bretagne. Férue de Henry James (elle termine sa thèse sur Le tour d'écrou),Sallie va rapidement  se faire embaucher comme gouvernante d'enfants par un homme séduisant dont elle tombe presque219eKPotbQL immédiatement amoureusecar sa voix "évoquait un Mr  Rochester ou u Max deWinter. Elle vous évoquait le danger, degrandes  demeures en proie aux flammes, des cris de passion éternelle portés par lesvents de la nuit". L'ambiance est donc mise en place.
Mais A.N. Wilson se joue des clichés et très rapidement  nous comprenons que Sallie a de sérieux problèmes psychologiques et la machine va s'emballer mais certainement pas comme nous nous y attendions.Les nerfs du lecteur sont mis à rude épreuve  et même si une explication logique est donnée à desphénomènes apparemment inexplicables,l'auteur ne nous rassure que pour mieux nous précipiter dans l'horreur et nous faire envisager les faits d'une toute autre manière par une manipulation astucieuse.
La narration est brillante et maline et il n'est pas besoin d'avoir lu James pour  apprécier ce joli tour de force.

26/11/2007

Fêlures

Trois amies de longue date, Gwen,Beatrijs et Veronica ont pris l'habitude de se retouver pour les vacances dans la grande ferme de Timo et Gwen, avec conjoints et enfants.51Bmaw9WSzL
Mais cette année, la donne a changé : Gwen est morte, laissant un veuf désemparé et deux petits garçons, Beatrijs arrive flanquée de son nouveau compagnon et de sa "belle-fille en location",une gothique pur jus, et Gwen ne s'habitue pas à  n'avoir donné naissance qu'à une seule petite au lieu de jumelles comme précédemment.
Nous suivrons l'évolution de ces personnages de l'été à l'hiver, dans une ambiance étrange,distillée à la fois par le malaise qu'engendrent le comportement des nouvelles" pièces rapportées"et les actions des enfants qui vont jouer le rôle de révélateurs.
Renate Dorrestein excelle d'habitude à instaurer des ambiances lourdes mais là , bizarrement, Tant qu'il y a  de la vie, par sa volonté de croire à l'espoir à tout prix, n'y parvient pas totalement. Les  personnages sont traqués dans leurs replis les plus intimes mais la présence de Leander, le nouveau compagnon de Beatrij ,de par sa profession ,( médium?) ne rend guère crédible l'histoire.  Un autre fait  qui demeure inexpliqué, laisse également le lecteur sur sa faim, mais  l'auteur ,par sa volonté de  montrer que  rien n'est stable  en ce monde, ceci justifie donc cela.
Il n'en reste pas moins que j'ai passé un bon moment de lecture dans la campagne néelandaise en compagnie  de personnages sympathiques et attachants.

22/11/2007

L'amour au temps du cancer

Dans les  années 70, "Love story", film propret, lacrymal et guimauve, mettait en scène un Roméo et une Juliette à la sauce américaine que la leucémie  de l'héroïne  allait promptement séparer.
Rien de tel dans le roman fortement autobiographique de Ray Kluun,En plein coeur.51r7Ut0jZRL
Carmen, Stijn et leur petite Luna  forment une famille  sympathique de bobos à qui tout sourit jusqu'à ce que le cancer du sein de Carmen vienne les frapper de plein fouet.
De nombreux romans traitent du même thème mais en génral nous avons le point de vue de l'héroïne (  je pense  en particulier au très beau crabe sur la banquette arrière).Ici les événements sont envisagés du point de vue du conjoint car il s'agit " de notre cancer"  et de ses répercussions sur leur couple.
Pas de bons sentiments faux-culs  dans ce roman mais  une approche frontale de la maladie, tant par les  soignats que par le  narrateur qui ne se donne pas le beau rôle sa "monophobie aiguë" (en clair ses aventures extra-conjuguales) lui  servant d'exutoire à ce qu'il  vit  chez lui. Et pourtant, comparé  à  d'autres hommes qui fuient lâchement devant les épreuves il sera là  jusqu'au bout...
Les souffances tant physiques que morales de Carmen ne nous sont pas épargnées mais sans aucun voyeurisme  et l'organisation de la mort de carmen (l'euthanasie à la maison étant possible aux Pays-Bas) est un moment poignant.
Un thème difficile mais un point de vue original  et fort.

l'avis de Cuné que je remercie encore .

20/11/2007

l'amour sous les bombes

"Combien de temps allait-on encore laisser cette guerre tout gâcher? On avait été tellement patient. A vivre dans l'obscurité. A vivre sans  sel, sans parfum. A ne se nourrir que de petites rognures de joie, comme des croûtes de fromage..."41WoNTSEH_L
La  guerre, c'est la seconde guerre mondiale , toile de fond de Ronde de nuit de Sarah Waters.La guerre vécue à Londres, principalement par des femmes bien décidées à survivre et à profiter de chaque instant, la proximité de la mort aiguisant leur sensations et leurs sentiments amoureux.Un monde où les femmes ont pris la place des hommes partis au front et où elles affrontent la souffrance et la mort.
Trois grandes parties nous font remonter le temps (1947, 1944, 1941)  et dévoilent progressivement les mystères de chaque personnage. Je dois dire que j'ai été bluffée par l'art de l'auteure qui fait ainsi rebondir le  récit, détruisant au fur et à mesure les hypothèses que j'avais échafaudées, sans que cela sonne faux , bien au contraire,car cela donne une  densité encore plus grande au récit.
On suit dans un Londres parfaitement reconstitué, où les détails  de la  vie quotidienne sonnent justes, les pérégrinations et les amours de Julia, Helen et Kay. On souffre avec Viv, amoureuse d'un père de famille lâche (et à qui j'aurais volontiers donné une paire de baffe), Viv qui sait déjà que tout est joué pour elle qui vient d'un milieu modeste : "On essaie  de faire quelque chose  de notre  vie ,et la  vie nous en empêche, nous fait des croche-pieds". Viv qui a un frère sensible et plein de mystères aussi...
Un très beau portrait de Londres et de ses habitants , secrétaires acharnées, ambulanciers courageux ou prisonniers hauts en couleurs...Un monde  grouillant de vie malgré les bombes.Une écriture sensible et délicate, d'une grande puissance évocatrice , un récit plein de rebondissements, Sarah Waters est vraiment une très grande romancière.Normal ,elle est anglaise !

19/11/2007

Un drôle de p'tit bonhomme

Herman a 10 ans.Herman est entouré d'une famille aimante, un père grutier qui lui fait croire qu'il peut voir l'Amérique,une mère affectueuse qui lui tricote des bonnets de laine, un grand-père malicieux qui ne quitte plus son lit mais écoute attentivement et conseille son petit-fils. Herman vit dans un monde où l'imaginaire et la poésie  sont très présents mais la réalité va le frapper de plein fouet car ce p'tit bonhomme va perdre tous ses cheveux.9782253119371
Etre chauve à 10 ans et devoir affronter les regards des autres voilà qui n'est pas facile. Les rapports s'en trouvent faussés et souvent le gamin réagit avec agressivité ou prend de la distance parlant de lui en utilisant le pronom "on"  ce qui crée des dissonances dans le texte.
Dans un premier temps,histoire personnelle oblige, je suis restée en retrait par rapport à ce roman de Lars Saabye Christensen, dont j'avais adoré Le demi-frère. Puis le texte a infusé en moi et je me retrouve la gorge serrée en train d'écrire  sur ce texte sans sensiblerie qui montre aussi des parents désorientés par rapport à la souffrance  psychique de leur fils et je me dis  que je me suis bien faite avoir une nouvelle fois par cet auteur !
En prime, vous saurez tout sur les différents estomacs de la vache, sujet que j'avais appris  il y a  bien longtemps et qu'Herman révise pour l'école.
Pour voir la photo de l'auteur c'est chez Gachucha

07/11/2007

Qui vit avec nous ?

Le premier roman de Jodi Compton, La 37 ème heure, met en scène un personnage appelé  à devenirrécurrent, la détective Sarah Pribek, inspectrice à la brigade des personnes disparues  à Minneapolis.9782848930428
Cette fois, la personne ayant disparu  étant son mari et collègue Shiloh,la voici passée de l'autre côté de la barrière, à même de ressentir les affres et les angoisses des proches des disparus.
Sur un thème classique : vous ne connaissez pas vraiment celui que vous avez épousé, l'auteure sait renouveler le genre,distillant savamment les informations sur le mari mais aussi sur l'inspectrice.
Elle entrecroise l'enquête proprement dite avec la vie professionnelle et privée de son inspectrice et l'on avance avec plaisir ,récoltant les indices,discrets ou pas, tant sur Sarah que sur Shiloh.
On peut juste regretter quelques rebondissments superflus et/ou maladroits et une fin télescopée, mais un policier qui utilise le mot "sycophante" *ne saurait être totalement mauvais...

* dans l'Antiquité c'était un délateur professionnel;ici il  est traduit par "mouchard".

06/11/2007

Habillés pour toute l'année...

La présentation de l'auteur m'informe que David Sedaris est un auteur de best-sellers. Ah bon. Le sous titre d'Habilléspour l'hiver étant "22 épisodes de la vie d'une famille presque normale", j'embarque donc pour cette virée dans les souvenirs d'enfance de l'auteur, ses souvenirs de débuts professionnels etc.515OYwQPbKL
Pendant les 142 premières pages, je ne savais pas si je devais rire ou pleurer devant la vie de cette famille "presque" normale. j'étais totalement interloquée. Une chose était sûre: l'auteur ne se donnait même pas le beau rôle.  C'était un jeu de massacre grinçant mais finaement plutôt tendre, sans jugement ,sur cette drôle de famille américaine où la mère enferme volontairement ses enfants dehors un jour d'hiver où l'auteur tombe quasi amoureux du garçon qui a voulu lui causer du tort...
Ensuite,Sedaris m'a bien eue et j'ai dévoré au grand galop le reste du livre, le hérissant de petits papiers aux endroits que je trouvais les plus drôles (et il  y en avait plein)ou les plus émouvants , que ce soit dans ses relations avec sa  famille (on ne se méfie jamais assez quand on a un écrivain dans son entourage) ou dans ses relations amoureuses ou professionnelles (je vous laisse découvrir de quelle manière particulière on peut faire le ménage ...).
Bref, Sedaris posséde un univers et un style bien à lui, univers que j'ai bien envie de continuer à découvrir ,rien que pour le plaisir d'être déstabilisée !