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05/05/2008

"Etre comme tout le monde est tellement chiant. Voilà le piège dans toute sa séduisante folie"

Trouvé à la médiathèque mais annoncé comme devant sortir bientôt en poche, Hackman Blues  est mon premier contact avec Ken Bruen, auteur dont Cuné avait parlé avec tant d'enthousiasme.
Brady cumule: Irlandais, souffrant de troubles  bi-polaires (sa vie est une succession  de montagnes russes entre périodes d'exaltation intense et dépressions profondes), il jongle entre alcool et lithium et, bien qu'âgé de  50 ans , se conduit souvent comme  un ado attardé et lit énormément. A défaut d'être joyeux, il est gay , fait preuve de beaucoup d'agressivité mais aussi d'humour et de  lucidité.Bref, on n'a pas le temps de s'ennuyer une minute avec lui ! 41IOOZ1h0SL
Ce n'est pas pour autant qu'il manifeste beaucoup  d'enthousiasme pour retrouver Rozaleen, la fille  d'un promoteur immobilier, fan de l'acteur Gene  Hackman. On le serait à moins car voici ce qu'il pense en découvrant la photo de la disparue : "Merde un chien ! Et comme  c'était une photo, avec tout le talent  du photographe professionnel, Dieu seul savait à quel point elle pouvait être moche."
Bruen s'avère le roi de l'ellipse, passant sous silence les explosions de violence qui parsèment le  récit , mais les rendant en cela encore plus efficaces. L'histoire, qui  s'emballe soudain, n'est pas vraiment la priorité de l'auteur, qui préfère et de loin s'attarder sur ses personnages, ciselant ses dialogues,bourrés d'humour.

A savourer sans modération !

02/05/2008

Luttons contre la mondialisation !

Et une bloggueuse éditée,une ! Mais cette fois en Italie.51E7ppCqZvL
Pulsatilla n'a pas sa langue dans la poche et tire sur tout ce qui passe à sa portée : sa famille, les culottes, les règles, l'épilation, la cellulite mais La cellulite, c'est comme la mafia, ça  n'existe pas.
Elle fustige tout ce qui est imposé aux femmes par la  société en matière  d'esthétique mais barbote avec jubilation dans la société de consommation...
Je me suis régalée avec sa description des différents types de phallus ainsi que du récit de ses tentatives pour ruiner la réputation de sa  compagne de chambre - trop parfaite- dans un pensionnat religieux où la délurée Pulsatilla avait échoué un peu par hasard.
C'est drôle,léger, enlevé, volontairement cru,de quoi passer un bon moment même si parfois le livre devient un peu lassant car , présenté comme un "bio-roman", on sent néanmoins trop l'aspect "chronique," sans véritable structure narrative.

Ps: J'y ai appris au passage que le mot  "sparadrap" viendrait de l'italien (plus précisément d'un dialecte de la région de Foggia d'où est originaire  l'auteure) et qu'au départ ce serait une onomatopée "qui porte en elle toute la douleur causée quand on l'arrache."

Cuné a  moins aimé mais elle a eu la gentillesse de me l'envoyer. Merci !


30/04/2008

Reykjavik est tout petit...

Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie, comment ne pas craquer avec un titre  pareil ? ! Et quand en plus l'auteure  s'appelle Gudrùn Eva Minervudottir (ce  que j'interprète-faussement sans doute- mais je m'en fiche, laissez-moi mes illusions- comme "la fille de Minerve") et qu'elle est islandaise, je me rends pieds et poings liés !61j9CZ361WL
Mais bon,trêve de bavardages, allons plus avant.
Reykjavik, capitale de l'Islande, est d'après l'auteure une ville toute petite où l'on croise toujours les mêmes personnes. A lire les  20 nouvelles composant ce recueil,  on veut bien la croire  car une certaine parenté se tisse entre les différents narrateurs,  créant une continuité très fluide.
Même jeunes  adultes, ils ont gardé un pied en enfance,vivent souvent au troisième étage, mangent du pain avec du  fromage ou du pâté de  foie et évoluent dans des appartements quasi vides et très lumineux.
Leur langage est subtilement décalé, tour à tour poétique ou teinté d'humour "Tu ne veux pas m'embrasser comme la faim embrasse le pain ? ", subtilement en porte à faux avec la réalité.
On frémit quand de jeunes enfants sont confrontés à des adultes , tant l'auteure est habile  à  susciter un climat perturbant...
Les titres des nouvelles  sont tous dans la  tonalité de celui du recueil, voici  mes préférés : "Le  bouquet de mariée était plein de pucerons", "Parce que je t'ai embrassé  ce matin au moment où  tu refermais ta conscience derrière toi" ou bien encore "J'espère que tu étoufferas dans les rideaux de velours caca d'oie de ta mère".
Beaucoup de fraîcheur dans ce livre dévoré d'une traite, et dont on pourrait dire qu'il "rayonne comme  les personnages des  images pieuses". On sort de  cette lecture le sourire aux lèvres et avec une folle envie  de faire un tour en Islande...

29/04/2008

Sister act ?

La guerre des légumes , titre français choisi pour traduire Big fat Love, de l'irlandais Peter Sheridan n'est pas du  tout approprié car il met l'accent sur une intrigue secondaire-cousue de fil blanc- du roman , celle  concernant un épicier et une épicière ennemis depuis des décennies.41z62DynTAL
Non, l'histoire principale met en scène Philo, 120 kilos, arborant des tatouages, mère de famille nombreuse qui, battue par son mari, vient trouver refuge dans un couvent de Dublin.
Choc des cultures, truculence  des personnages, voilà pourquoi j'attendais avec impatience la sortie de ce roman en poche.
Au final, grande déception, la psychologie  des personnages m'a paru hasardeuse et quant à l'héroïne  elle ne m'a semblé ni  crédible  (se laisser battre quand on a  un caractère bien trempé et une apparence de Viking comme il est écrit dans le  roman...).
En outre, j'ai trouvé sa susceptibilité plutôt mal  placée : même si on voit qu'elle aime ses enfants, elle les a quand même bel et bien laissés à l'orphelinat deux fois, même si elle refuse de prononcer le mot commençant par un A(bandon).
Bref, ce roman m'a  plutôt énervée !

L'avis plus enthousiaste de Solenn

28/04/2008

"C'était un petit jardin..."

Une famille pittoresque habite un reste de campagne au bord  d'une ville : un père réparateur d'objets usagés, une mère qui fume des cigarettes virtuelles et ne jure que par le énième  épisode de  son feuilleton préféré, un fils aîné fou de foot, le plus jeune de sa prof  de maths (!), un grand-père qui  danse avec un fantôme  et surtout l'héroïne qui donne  son titre  au roman de Stefano Benni : Margherita Dolcevita.Margehrita, quinze ans, quelques  kilos en trop, un coeur  cahotant mais de l'esprit à revendre.
Tout ce  petit monde vit en parfaite harmonie jusqu'à l'arrivée de nouveaux voisins, trop charmeurs pour être  honnêtes...51ZqnRLaSGL
Aidée de son petit frère, Eraclito,  Margherita va mener l'enquête et essayer de préserver ce à quoi elle tient le plus.
J'ai été emballée par ce livre qui emprunte la  forme policière mais se situe à la croisée de la poésie, de la fable et qui est bourré  d'humour.
On pouvait s'attendre  au pire car souvent tant de  personnages pittoresques  s'agitent en vain, tels des marionnettes. Cen'est pas le cas ci car il y a une réelle structure narrative et parce qu'on s'attache aux personnages.
Mon chouchou ? Bien évidemment le chien Roupillon, "L'un des plus mystérieux composés arcimbaldiens de la nature" dont je vous laisse découvrir la description savoureuse page 13, chien qui s'appelle ainsi car il  souffre  de narcolepsie hystérique. "Vous voulez  connaître d'autres mystères de mon chien ? Eh bien, j'ajouterai qu'il émet des pets silencieux et perfides puant comme le  souffle  d'une baleine qui a  bouffé du plancton avarié, des sardines pourries et des  culottes de Marathonien". Toute ressemblance avec un chien  de  ma  connaissance  etc.
Trêve de plaisanterie, cela faisait longtemps  que j'avais lu un roman italien et je me suis ré-ga-lée !

25/04/2008

Vies volées

16 ans. Esme Lennox a 16 ans quand elle est enfermée dans un asile psychiatrique. Elle en sortira 60 ans plus tard, de nos jours, non pas réclamée par sa famille, qui l'a oubliée, mais parce que l'établissement ferme ses postes.
Elle va être recueillie par sa petite nièce, Iris, qui , intriguée par ce silence familial , va tenter de renouer les fils du passé.
Maggie O'Farrell  peint avec acuité l'histoire de cette famille bourgeoise typiquement britannique qui, dans les années 30 quitte l'Inde pour revenir dans les brumes et l'humidité écossaise, afin de nier un drame qui s'y est déroulé...Premier traumatisme pour Esme ,pleine de sensibilité et de vitalité, qualités qui font tâche pour ses  parents et sa soeur tant aimée mais si raisonnable, Kitty.9782714443342
Esme refuse de rentrer dans le moule, ce qui causera en partie sa perte...
Voix de la soeur aînée, atteinte de la maladie d'Alzheimer, qui a  oublié ce qu'est une cuiller mais se souvient  parfaitement du passé par bouffées  libératrices,  souvenirs d'Esme s'entremêlent pour tisser l'explication de L'étrange disparition d'Esme Lennox, sans que jamais le lecteur ne se perde.
Avec une extrême sensibilité Maggie O'Farrell montre le destin de ces femmes , broyées par la société pudibonde et corsetée du début du XXème siécles, femmes que deux simples signatures pouvaient enfermer à jamais.
Le lecteur suit, le coeur serré les rebondissements de l'histoire et ,trompé par l'écriture "voilée" de l'auteure  , croit qu'il en sait plus qu'Iris, jusqu'à ce qu'il soit obligé de relire l'antépénultième page pour être sûr d'avoir bien compris l'horreur indicible et libératoire...
A lire de toute urgence.

24/04/2008

"Posture, Ailsa, posture !"

Baby-boomers, Ailsa , la flamboyante féministe et Humphrey le "démodé, confortable, honnête" professeur de biologie marine se rendent,  chacun de leur côté dans une université située au bord de la mer du Nord, université qui va les mettre à l'honneur.51E_0e7SV0L
Dès l'enfance, leurs destin  se sont noués au bord  de cette mer "où il faut être fous pour se baigner " mais qu'ils adorent. Tout au long d e leur vie, ils auront connu des rivages plus cléments mais des parcours plus agités...
Ce voyage leur  donne l'occasion de revenir  sur  leur passé commun ou non, tandis que dans le  récit intervient un mystérieux orateur public qui  semble tirer les ficelles...
réflexion tendrement teintée de mélancolie, La mer toujours recommencée nous montre que l'enfance et  ses blessures vivent toujours en nous , même dans  nos corps de sexagénaires, et que l'intranquillité n'est pas l'apanage de  l'adolescence.
L'écriture superbe de Margaret Drabble charrie les métaphores marines,écriture tour à tour malicieuse et pleine d'empathie pour ses personnages tiraillés entre ambition  et lucidité. Un charme insidieux.So british.

21/04/2008

Post-it

"Parfois on dirait que c'est plus facile de poser les questions par écrit pour te demander comment tu vas et comment ça se passe avec le médecin, tout ça".41kL4sHcG7L
Claire, quinze ans écrit cette remarque sur un des post-it, qui constitue l'échange de "correspondance" qu'elle entretient avec sa mère très(trop) occupée par son travail, sa mère qui l'élève seule depuis le divorce.
Si au début,le quotidien apparemment sans importance apparaît( listes de courses, demandes (pressantes) d'argent  de poche), c'est finalement toute une vie qui  se devine par pointillés, une vie qu'il nous faut reconstituer, une vie qui devient de plus en plus précieuse quand la maladie fait son apparition...
Life on the refrigerator door , traduit en français par le plus sentimental  Ne t'inquiète pas pour moi, de la canadienne Alice Kuipers, a donc une forme originale, cet échange de post-it, qui m'a  vraiment intéressée. Franchement je craignais le pire quant au contenu mais l'auteure ,si elle frôle de justesse le pathos à la toute fin du livre, si elle aborde le cancer d'une manière très américaine (groupes de soutien), nous montre aussi les relations cahotiques entre une mère qui se bat contre la maladie et une fille tiraillée entre ses amours débutantes et les besoins maternels. Rien n'est idéalisé,la mère jette un regard en arrière qui n'a rien de bien optimiste et la fille utilise son père comme solution de repli...
Un livre touchant , qui se lit très vite, trop peu être si l'on compare le nombre de pages et le prix... A noter qu'il existe avec deux couvertures différentes (par leur couleur uniquement), suivant qu'on le trouve en collection adulte ou ado.

09/04/2008

aquarelle

Par petites touches, dans une langue très poétique et jamais démonstrative, Wtaya Risa évoque le temps de l'adolescence.51mmMMomaEL
Son héroïne, refuse de se laisser absorber par un groupe quelconque : "Je n'aime pas être laissée de côté, comme un rebut, mais ces groupes, je déteste cela encore plus. A peine sont-ils constitués que déjà il faut colmater les  brèches." Son regard acéré sera néanmoins attiré par un autre "mouton noir", jeune qui vit quasiment en autarcie  dans sa chambre et qui n'a d'yeux que pour une baby-doll sucrée dont les japonais ont le secret.
Traitant des problèmes de communication , de la fascination stérile pour des idoles de pacotille, L'appel du pied  a remporté au Japon l'équivalent de notre prix Goncourt (alors que son auteure n'avait que 19 ans  !) et vient de sortir en poche. A ne pas laisser passer !

Du même auteur, Install, dont j'avais parlé ici.


08/04/2008

Chick litt pour quinquas (et pous les autres aussi !)

Ce n'est pas la couverture clinquante (et qui n'a d'ailleurs aucun rapport avec le contenu) qui m'a attirée dans Pas de mari pas d'ennuis mais d'une part le titre accrocheur en diable par sa désinvolture joyeuse et d'autre part la promesse de lire de la littérature légère destinée aux quinquas (je ne fais pas encore partie  de cette tranche d'age mais j'en approche à grands pas).516h_l3qqyL
Ici cependant, pas de littérature jubilant sur le thème de"la vie commence à 50 ans" mais un roman davantage axé sur la volonté d'assumer son célibat .
Carol Clewlow a choisi la forme de l'abécédaire de "A comme attitude" à "Z comme zing, zing, zing". mais si les 100premières pages fourmillent d'indications drôles et pertinentes concernant les"vieilles filles" ,( qu'on a voulu entre autres déporter pour éviter de supposés problèmes, les femmes étant en surnombre !), le récit à proprement parler s'affranchit de cette contrainte et prend son essor.
Riley a su tirer les leçons de son passé (les avantages de l'âge !) et revient avec humour et tendresse sur ses histoires d'amours défuntes sans pour autant se donner le beau rôle.Le récit se teinte parfois  de gravité mêmes i les personnages pittoresques qui gravitent autour de l'héroïne ne manquent pas : de la  veuve éplorée qui réécrit l'histoire de son couple cahotique à la copine new-age qui  s'épouse elle-même !
Quant à Riley, si elle travaille dans un journal (gratuit) elle n'est pas du tout glamour mais pleine d'énergie et sympathique en diable !
L'auteure réussit, même si la fin est prévisible, à rester fidèle aux convictions  de son héroïne,ce qui est tout à son honneur ! De quoi passer un bon moment sans prise de tête.Et ce qu'on ait cinquante ans ou moins !