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16/08/2019

Einstein, le sexe et moi...en poche

"Cette splendeur parlait de mon enfer minuscule et dérisoire d'enfant reclus dans sa différence et son mutisme. Mon petit enfer à moi, qui bien sûr n'était pas visible de l'extérieur. Et cette splendeur des poètes, cette splendeur sensuelle de la langue, était la seule chose possible pour continuer. Je n'ai jamais songé au suicide car il y a toujours eu la beauté."

 

Le 15 août 2012, Olivier Liron, bientôt 25 ans, autiste Asperger, normalien, participe à Questions pour un super champion. Il s'est entraîné, et si sa tactique est "d'essayer de sembler le plus gentil possible " afin que les autres candidats ne se méfient pas de lui, il est prêt à en découdre car son objectif est "de répondre plus vite qu'eux. Mieux qu'eux. Que je les tue. Que je les explose. Que je leur chie dans la gueule."olivier liron
Au fil du récit de cette journée d'enregistrement, par associations d'idées, se construit par petites touches le portrait de celui qui fut un enfant atypique, ayant 19 de moyenne mais cumulant les heures de colle,harcelé physiquement et moralement par ses camarades, dans l'indifférence générale de l'institution scolaire.
Le "gogol" est donc prêt à prendre sa revanche et tant pis pour Michel et Jean-Michel qui tenteront de se mettre sur son passage,  Olivier est farouchement déterminé à emporter la cagnotte.
Avec beaucoup d'humour, "De toute façon, j'aime la soupe, le houmous et la glace : je serai heureux quand je serai vieux", mais aussi de tendresse pour sa mère, qui a tout gommé de sa jeunesse espagnole pour mieux s'intégrer, pour sa grand-mère et son rapport si particulier aux langues (et aussi pour Julien Lepers dont il détecte la mélancolie), Olivier Liron avec une belle énergie, en 186 pages nous livre un roman foisonnant sur le droit à la différence.
J'ai laissé se décanter tout le battage médiatique organisé autour de ce roman et bien m'en a pris car j'ai ainsi pu profiter du suspense, de ses métaphores souvent hilarantes (que je vous laisse le plaisir de découvrir), de ses ruptures de ton, de son écriture, parfois crue et de son sens de l'observation.
J'ai dévoré d'une traite ce roman, puis j'y suis revenue plus calmement car, pour des raisons différentes, il a fait écho à différentes situations vécues  par mon plus jeune fils qui, lui non plus ne rentrait pas dans le moule de l'institution scolaire, au grand dam de certains profs.

Ps: je préfère nettement le sous titre: romance télévisuelle avec mésanges.

Le billet d'Autist Reading avec plein d'autres liens.

 

 

15/08/2019

#LaCampagne N'EstPasUnJardin #NetGalleyFrance

"Ces béotiens douillets exigent des campagnes briquées, javellisées, désinfectées, sans bruits, sans odeurs et sans joie, des jardins à la française au kilomètres, propres sur eux, bien dégagés derrière les oreilles, du raffinement calibré, symétrique, ennuyeux et glaçant, périssable."

A Dorlange, petit village du centre de la France, la cohabitation entre néoruraux et habitants du cru n'est pas toujours facile. Alors imaginez l'émoi que suscite dans cette communauté ,qui vote massivement pour un parti situé très à droite ,la nouvelle de l’arrivée imminente de réfugiés syriens ! Les esprits s'échauffent et la scission se crée aussitôt entre ceux qui s'organisent pour les accueillir et les autres.stéphane fière
Habitant depuis presque trente ans dans un village où il a fallu attendre l'an dernier pour que je sois officiellement adoubée par la boulangère ( qui m'a demandée de l'appeler par son prénom ), je me réjouissais de lire ce récit à fort potentiel comique au vu de la couverture.
Hélas, le trait est gros et l'auteur à trop mélanger ses intrigues (farce campagnarde, relation adultère, arrivée des Syriens, magouilles politiques....) et à jouer sur leurs différentes tonalités, perd son lecteur en route.

Phébus 2019

 

12/08/2019

Je voudrais que la nuit me prenne...en poche

"Et je suis là encore. je suis quoi, je suis qui ? Une ébullition du passé. Sa grande fille qu'il ressasse et convoque, qu'il a devinée et s'injecte en une perfusion poétique."


Un couple de jeunes gens extrêmement amoureux, leur petite fille de bientôt huit ans, une famille donc, vit dans une sorte de bulle de bonheur et de fantaisie, bulle où la poésie, les chansons, les mots en général participent de la fête. La sensualité est elle aussi très présente, que ce soit dans l'exploration des corps ou le rapport à la nature, ce dont rend très bien compte l'écriture très charnelle d'Isabelle Desesquelles.isabelle desesquelles
Ce n'est qu'à la page 81 qu'est clairement énoncé ce qui fonde le thème de ce roman et qui se laissait deviner auparavant par de légers indices disséminés dans le texte. Il ne s'agit évidemment pas ici d'un roman à suspense , mais je me garderais bien pour autant d'en révéler trop. Disons juste que la tonalité change , que la nuit s'invite et que le souvenir trop ressassé se révèle plus nocif que bénéfique.
Un roman qui déchire le cœur (je n'ai pas pu le lire d'une seule traite pour laisser place à l’émotion) mais qui dégage néanmoins une formidable lumière. Un grand coup de cœur.

Parution le 14 août.

Et le 22 août , de la même autrice UnPur !

11/08/2019

Une apparition...en poche

"...à partir du moment où vous vous moquiez de ce que l'autre peut penser de votre éventuelle beauté, de votre jeunesse envolée, un éden devenait possible."

 Celles et ceux qui la suivent sur les réseaux sociaux savent que Sophie Fontanel, forte d'une intuition sur la beauté des cheveux blancs, a décidé d'arrêter les colorations. Ce texte est le journal romancé de cette année et demie où elle a décidé de regarder pousser ses cheveux et d'enregistrer les réactions des gens, tant dans son entourage que parmi ses followers ou dans la rue.sophie fontanel
L'autrice partage avec nous ses doutes, ses enthousiasmes et on sent chez elle une assurance se révéler qui fait plaisir à lire. Sophie ,aux allures parfois de Cruella, séduit les hommes, enthousiasme les femmes et évolue aussi bien psychologiquement que professionnellement, battant ainsi en brèche tous les a priori des oiseaux de mauvais augure. Un livre qui fait du bien.
Beaucoup d'entre nous (dont je suis) aimeraient effectivement arrêter cette corvée qui coûte cher, n'est certainement pas bonne pour la santé et surtout résulte d'une pression de la société sur les femmes. Perso, je ne suis pas encore prête.

Une apparition, Sophie Fontanel, .

Parution le 14 août.

05/08/2019

Les impatients

"Une voix enthousiaste généreuse en qualificatifs dit ce qu'on voit: une femme de tête, femme d'intérieur, femme d’affaires, femme de chiffres, femme d'avenir, femme de pouvoir, femme de terrain, femme de goût. C'est fou  tout ce qu’une femme doit être pour qu'on en parle, s'étonne à cinquante kilomètres la Reine Mère assistant à la pimodiffusion, c'est moi ou on n'avance pas ? "

A trente-deux ans, Reine entame sa deuxième vie. Après avoir suivi jusqu'à présent un parcours sans faute où,  passant par une école de commerce, elle a jeté son dévolu sur un de ses professeurs, devenu un compagnon  avisé mais vaguement ennuyeux, la jeune femme choisit de délaisser le salariat et de devenir entrepreneuse.
Qu'elle ait rencontré Marin, spécialiste des algues n'y est pas pour rien, mais le jeune homme ne sera pas de l'aventure: le voilà voguant vers l'Antarctique dans la cadre d'une mission professionnelle.
Pas grave, Reine qui vit à 200 pour cent, on découvrira vers la fin du roman pourquoi, aura à ses côtés son meilleur ami, Étienne. Issu de le la classe ouvrière, le trentenaire rêve de devenir calife à la place du calife, comprendre : remplacer le PDG increvable de sa boîte.maria pourchet
Le roman de 188 pages file à toute allure, comme ses personnages, décortiquant au passage avec acuité les rouages d'un monde qui se donne l’illusion d'être sans cesse en réinvention, mais qui reste néanmoins très codé.
Combinant avec tendresse et humour, la romance et la sociologie, Les Impatients est un roman à la fois drôle et caustique qui demande une seconde lecture afin de mieux le savourer.
La narration englobant avec le "on" ou le "vous" le lecteur, le prenant souvent à témoin, fonctionne parfaitement mais nous laisse un peu frustrés: on en reprendrait bien encore un peu (beaucoup).
Gallimard 2019

Et zou sur l'étagère des indispensables !

De la même autrice:clic, clic

et reclic.

Keisha aussi est fan: clic .

25/06/2019

Rome en un jour...en poche

Contrairement à ce qu'affirme le proverbe, "ils avaient fait Rome en un jour, toujours main dans la main, et au soir Paul avait demandé celle de Marguerite dans une trattoria...". Leurs amis attendent toujours le faire-part et surtout 10 ans plus tard, que Marguerite arrive à extraire Paul de leur appartement pour l'anniversaire surprise (et tardif) qu'ils lui ont concocté.81i6JyW77gL._AC_UL436_.jpg
Même si Marguerite est convaincue "qu'on ne peut détruire Rome en une seule fois", il ne faudra bel et bien qu'une soirée pour mettre à bas leur couple, déjà bien miné, on va s'en rendre compte au fil du récit alterné entre les scènes (dans tous les sens du terme) se déroulant à l'appartement et l'attente des invités sur le toit d'un hôtel.
C'est à une comédie acide que nous convie Maria Pourchet avec Rome en un jour, mettant à jour tous les faux-semblants des relations humaines, grattant là où ça fait mal , soulignant la solitude qui mine les êtres et les moyens parfois pathétiques qu'ils mettent en place pour s'en sortir.
Sous des dehors bien policés, la violence couve car "Certains sentiments parce que trop longtemps contenus par les conditionnements sociaux et la règle comportementale, sont susceptibles de se manifester de manière inopinée dans un mouvement aussi souverain que destructeur, avec une intensité d'expression tout à fait inhabituelle."
Un roman dévoré d'une traite car d'une noirceur réjouissante.

De la même autrice : clic. et reclic.

17/06/2019

Première dame

"Le temps m'a aidée à fabriquer un univers dans lequel je clos ma pensée et fige mon visage. A l'intérieur bouillonnent mes rêves."

Marie, épouse de Paul, candidat aux primaires de son parti de droite en vue de l'élection présidentielle, décide de tenir son journal de campagne. Celle que certains ne voient que comme une "bourgeoise d'âge mûr trop gâtée par la vie" est tout à la fois une femme qui a mis ses capacités intellectuelles sous le boisseau, pour privilégier sa vie de mère de famille nombreuse (quatre enfants, adultes maintenant), mais qui a aussi fait le choix d'épouser un homme et son ambition.
La peur de n'être personne la talonne et quand les ennuis judiciaires (entre autres) rattrapent le couple, la vie de Marie vacille.caroline lunoir
Inspiré par une actualité politique encore fraiche, le roman de Caroline Lunoir réussit le pari de nous tenir en haleine et de brosser le portrait nuancé d'une femme à multiples facettes qui profite sans vergogne, et même sans s'en rendre compte de privilèges, mais qui s'indigne quand la réalité triviale la rattrape, sans pour autant perdre son humanité. 185 pages dévorées d'une traite.

Actes Sud 2019. déniché à la médiathèque.

le billet de Cuné: clic.

14/06/2019

Le manuscrit inachevé...en poche

Un flic hypermnésique, une écrivaine qui , elle, a préféré oublier tout un pan de son passé, une mise en abîme,  (un récit dans le récit ), un enlèvement ( celui de la fille de l'écrivaine), une incertitude: la jeune fille enlevée est-elle morte ou vivante ?, tels sont les principaux ingrédients du thriller de Franck Thilliez.
Rajoutez y quelques indices soulignés, basés sur le chiffre 2 et sur les palindromes (mots pouvant indifféremment se lire de droite à gauche et inversement) et vous obtiendrez un très bon page turner, émaillé de références à Arsène Lupin et Sherlock Holmes.61iXyv7-YTL._AC_UL436_.jpg
J'ai davantage été sensible au personnage du policier qu'à celui de l'écrivaine, pas assez nuancé à mon goût. L'intrigue avait parfois un goût de déjà lu et l'écriture était aussi souvent trop prévisible, mais Thilliez reste un bon fabriquant et nous tient en haleine comme personne.

13/06/2019

Mer agitée...en poche

"Mais qu'est ce qu'il a ton petit-fils ? Il a changé, il devrait aller voir quelqu'un , a insisté Marie. en levant vers moi ses yeux transparents où je percevais cette forme de pitié qui me hérisse le poil, parce que cette pitié-là est  très impitoyable, elle vous englue, ne vous aide jamais, ne vous tend aucune main secourable."

Un drôle de couple que forment Jean et son petit-fils, Léo. Léo, quasi mutique,  hanté par des cauchemars récurrents,censé passer des vacances  chez son grand-père, après son retour d’Afghanistan, où il a servi dans l'armée. christine desrousseaux
Jean ne le comprend plus et pour oublier son corps trop âgé, il se plonge par tous les temps dans la mer. Comment faire face à ce jeune homme dont il est quasiment la seule famille, sa mère ayant brusquement disparu, son père ayant refait sa vie en Australie ?
Bientôt, Léo, qui a déjà fait preuve de violence envers une jeune fille, est accusé de meurtre. Toute la population du village voit en Léo le bouc émissaire idéal...
Mer agitée est un roman qui vaut surtout par sa finesse psychologique dans la description des personnages et la manière habile dont son auteure parvient à nouer deux intrigues par-delà les années. Un bon moment de lecture.

De la même autrice: clic.

10/06/2019

#LeCahierDeRecettes#NetGalley

"Je veux ta colère, tes reproches, tes insultes, tes coups. Tout, sauf ton silence immobile et cette putain de chape de plomb qui recouvre tes émotions depuis que maman est partie.Je n'en peux plus de tes habits de deuil, de ta rectitude de moine soldat qui dort près de son fourneau. Je ne veux plus de ta sollicitude de père courage, de ta transmission sans émotion, de nos rites qui pédalent dans le vide."

Au lendemain de ce qu'on n’appelle pas encore la guerre d’Algérie, Monsieur Henri, flanqué du fidèle Lucien,  a fait du Relais fleuri un restaurant d'habitués. Là, il mène une vie toute entière consacrée à sa femme, à son fils Julien et, bien sûr, à sa cuisine.jacky durand
Mais, toujours il refusera que son fils devienne à son tour cuisinier.
Quand le roman commence, Henri est plongé dans le coma et Julien veut à toutes forces retrouver le cahier de recettes de son père, ce qui le replongera dans le passé et lui fera découvrir les secrets de son taiseux de père.
Je connaissais Jacky Durand par ses chroniques culinaires, je découvre ici son deuxième roman et c'est un pur régal. Tendresse, gouaille, et bien sûr, évocations de plats qui font saliver, sont au menu de ce très joli roman de filiation empêchée entre un père et son fils.

Stock 2019

Chroniques de J. Durand: clic et reclic.