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14/05/2007

En attendant la nouvelle série de "desperate housewives" ?

Prenez une Femme Au Foyer , juste ordinaire, qui s'ennuie (pléonasme? ). Prenez le "Roi du bal", le beau gosse sportif qui a épousé son alter ego en beauté mais qui traîne les pieds pour devenir avocat et élève son fils pendant que sa femme trime. Evidemment ces deux personnages vont se rencontrer et plus car affinités.
Ajoutez, pour donner un peu de piment, le retour dans cette banlieue proprette d'un pervers pépère , secouez bien et vous obtiendrez le roman de Tom Perrotta: Les enfants de choeur.9782757803486
Même si ça sent un peu le formatage, les personnages, qu'on a l'impression d'avoir déjà rencontrés,  sont bien croqués et on croise même un groupe de  lectures qui propose des analyses originales de Madame Bovary, (comme un écho littéraire à la situation de l'héroïne ? ).
Tom Perrotta connaît son métier et son roman nous permet donc de passer un bon moment.

08/05/2007

Les mots qui mentent, les mots qui tuent.

Sans la critique de Papillon, qui m'avait alléchée, et sans la lecture de la préface, je crois que j'aurais laissé tombé en cours de route Je vous écris du Japonais Inoue Hisachi.
Cet objet littéraire combine un ensemble de lettres,  articles de presse, avis de naissance, écrits divers censés proposer au lecteur des fragments de la vied'une dizaine de  personnages qui se trouveront réunis à la fin du texte en un huis-clos mortel et à double rebondissement.9782877304894
Cette originalité dans la  forme perd cependant de  sa  force du fait du trop grand nombre de personnages (auxquels on n'a pas  le temps de s'attacher)et ,arrivée à la fin, je ne savais plus qui était qui et faisait quoi...
Le style  est également surprenant, parfois volontairement plat (nous apprenons en fait que les  lettres sont recopiées sur des modèles provenant d'un guide pratique), et l'auteur manipule le lecteur avec une jubilation manifeste ...
Les traductrices nous avertissent dès la préface de la difficulté de la traduction mais j'ai trouvé pour le moins bizarre que certains mots japonais soient laissé tels quel ou soient expliqué 30 pages plus loin.
Je sens que ce livre a perdu une grande part de sa force verbale et je suis donc restée un peu sur ma  faim.

07/05/2007

"Il suffit d'un seul champ pour y passer sa vie "Th. Hardy

"Le poète russe Mandelstam a écrit sur les petits avions . Il a  écrit sur un avion en plein vol, accouchant d'un autre avion qui décolle aussitôt pour donner naissance à son propre petit...[...] C'est une métaphore de la façon dont il travaillait. Dont les choses naissaient dans sa tête."
Une métaphore également de la structure du roman de Helen Dunmore, auxquels ces Petits avions de Mandelstam donnnt leur nom.1102D29EDKL
Si ce roman est centré autour de "la  poche froide et rigide où je m'étais réfugiée depuis que j'avais quittée la  maison", (l'héroine , Rebecca vient de perdre sa fille de cinq ans Ruby), il est aussi, et surtout, consacré à "toutes les histoires qui embrassent nos vies". Que ce  soit celle de Rebbecca,  bébé abandonné dans une boîté à chaussures, celle de son ami Joe,(ainsi que les histoires qu'il  écrit), ou bien encore celle de M.Damiano, ancien saltimbanque reconverti dans le  rêve à l'échelle hôtellière...
Une très belle et pudique histoire de reconstruction mais aussi une réflexion sur l'art romanesque et la manière dont il interfère avec la réalité.
Un style tout en retenue, mais très sensuel,  dont Helen Dunmore avat déjà montré toute la maîtrise dans  Un été vénéneux.

04/05/2007

Une femme très moderne

Orgueil et Préjugés est un roman magique et lumineux où tout se joue dans la  subtilité.
Les mots y ont une importance prodigieuse qu'ils soient utilisés  pour ridiculiser ceux qui s'écoutent pérorer (Lady Catherine, Mr Collins: "Le  rude joug de l'autorité paternelle  lui avait donné dans les  manières une  grande  humilité  que combattait maintenant la fatuité naturelle à un esprit médiocre  et enivré par une prospérité rapide  et inattendue", ou pour remettre à leur place avec une rare délicatesse les situations tendues.
Si la société de l'époque  paraît être aux mains  des  hommes force est de constater que, chez Jane Austen, ce sont les  femmes (à l'exception de la mère de l'héroïne ) qui mènent le bal et qui jouissent  d'une  grande liberté. 9782264023827
Beaucoup de gaieté dans ce roman qui donne  envie de danser avec les personnages tellement ceux-ci sont vivants et restent présents à notre esprit une fois le livre refermé.
Elizabeth, l'héroïne, est très moderne et très équilibrée, ne reniant pas ses opinions et les exprimant clairement, s'efforçant de ne garder du passé que les bons souvenirs et ne s'attardant pas à pleurnicher sur les situations présentes qu'elle ne peut modifier.
L'intrigue est pleine de rebondissements parfaitement "huilés" et tout s'enchaîne harmonieusement pour le plus grand plaisir du lecteur.
Merci aux romans de Jasper Fforde, au roman Le  club Jane Austen, et surtout à Cuné qui a su me mettre le pied à l'étrier pour entrer dans le monde austenien, aidée  par les critiques de toutes celles  qui oeuvrent dans la blogosphère  (et qui voudront bien se  signaler pour que je mette un lien ! :))

01/05/2007

Dynastie féminine

Pour la mère, Karen , "Cette maison est un champ de mines".
Pour la fille, Charlotte, elle est "notre maison où les sentiments coulaient à flots tantôt bouillonnants tantôt  glacials en permanence".
Pour la grand-mère, Nan, c'est un ensemble de possibilités de cachettes improbables où dissimuler le courrier, les  dissertations,  les saucisses...9782841113026
Trois générations de femmes sous un même toit, trois générations unies  mais qui vont se déchirer quand  Charlotte va répéter le schéma maternel en se retrouvant enceinte  à  17 ans...
Même si elle est considérée comme une femme  forte qui fait face aux difficultés avec courage, Karen a souvent l'impression qu'elle pourrait écrire Le manuel de la mauvaise mère.
Kate Long l'a fait pour elle et cette comédie enlevée a également le mérite  de se dérouler loin du glamour de la  chick list et de nous proposer un portrait attachant de la classe  moyenne britannique. Seul bémol peut être, l'absence totale de référence à  la contraception, même si l'auteure évoque de manière très concrète les aléas de l'usage du préservatif , mais bon, c'est un vieux réflexe de féministe ...La fin est un peu trop optimiste et artificielle mais comédie  oblige ...De quoi passer un bon moment . 

La critique de Cuné

30/04/2007

Un monde qui s'effrite...

Peter Straker tente d"engourdir sa peine à l'aide de  nombres" et vit dans un phare situé sur une falaise qui s'effondre peu à peu. Il est rongé par la culpabilité d'avoir causé la  mort de 78 personnes en écrasant son bimoteur sur un train de voyageurs. D'ailleurs certaines de ces  victimes viennent le hanter voire même l'aider.
Quant à Imogen Doody , on pourrait la prendre pour le  stéréotype de la  vieille fille amère et peu amène mais peu à peu le lecteur va découvrir pourquoi elle  a  "dû apprendre à se réfugier dans la colère,  à s'assumer à survivre".
Evidemment ces deux destins vont se croiser.
Alternant les allers-retours passé-présent, Folles envolées est un roman qui traite de la culpabilité et du remords sans pathos mais un humour bien acide.01sPmfW7F_L
Clare Morrall m'avait totalement enthousiasmée  avec son précédent roman Couleurs (sorti en poche), dont Folles envolées n'atteint pas l'intensité mais tient bien ses promesses. l'auteure évite soigneusement les chausse-trappes des  clichés  même si son écriture est desservie par une traduction parfois bancale qui nuit à la  compréhension de certains passages.

13/04/2007

Pas de bol (moi non plus...)

Après Recherchée, Trahie voici  Honteuse.Les héroïnes de Karin Alvtegen n'ont vraiment pas de bol. Cette petite nièce d'Astrid Lindgren (créatrice de Fifi Brindacier ,à égalité dans mon coeur avec Fantômette) est , paraît-il, la  "reine incontestée du polar suédois". Tremble ,Mary Higgins Clark !9782259203395
Avec des phrases du style :
"Et elle comprit qu'elle était vierge , en fait.*
Elle avait souvent couché avec des hommes**. mais  fait l'amour , jamais"***
soit on pouffe, soit on ferme le livre.
J'ai tenu bon,admirez ma ténacité, jusqu'à la fin du troisième chapitre dont la dernière phrase m'a achevée (attention,  roulement de tambour, dès fois que le lecteur n'aurait pas  compris l'importance de ce qui va suivre):
"A ce moment-là,ni l'un ni l'autre n'auraient pu imaginer même dans leurs rêves les plus fous, que la Monika qui s'apprêtait à partir ne reviendrait jamais". Moi non plus.
Si elle veut,la reine du nanar suédois, comme je suis sympa comme  tout (si, si)  je peux lui suggérer un prochain titre : Menteuse.

* Oups ! On s'inquiète pour la santé mentale  et physique de l'héroïne et pour tous les déglingués qui vont atterrir ici.

**On respire .

***Trop beau !!!

06/04/2007

Pouce, je passe !

C'est avec surprise que jai découvert que l'auteure d'Out était également celle de Disparition que j'avais lu il y a quelques années et qui m'avait laissé une impression d'univers étrange, ancré dans la réalité certes, mais flirtant avec les frontières de l'étrange.
Plus question de disparition d'enfant non élucidée  et de ses conséquences sur les différents protagonistes de l'histoire, dans Out , nous sommes en plein dans la réalité des travailleurs pauvres japonais , encore plus misérables évidemment qiand il s'agit de femmes. Rien ne leur est épargné: un travail de nuits fatigant et mal  rémunéré, des maris brutaux qui gaspillent les économies du ménage, des enfants indifférents, une belle-mère impotente à charge. Il  y a même un violeur qui rôde près de leur lieu de travail.
Un groupe de copines de boulot  qui  n'ont en commun que leur lot de misères va se retouver lié quand l'une  d'entr'elles va tuer son mari.9782020789530
J'ai réussi à tenir jusqu'au découpage du mari dont la description manquait nettement de précision (on ne va pas me la faire,je n'ai pas ingurgité des Patricia Cornwell et autre Kathy Reichs pour rien  ! : )).
Le lien avec le monde des jeux et de la prostitution se profilant,j'ai abandonné ce  roman décevant ,manquant totalement de subtilité, tant dans la construction que dans la peinture des  personnages.

05/04/2007

44,, 52 ...Qui dit mieux ?

"Un an de vie d écrivain à la maison", tel est le sous titre de l'ouvrage de Kisty Gunn 44. Une très jolie couverture et une très bonne critique d'Olivia de Lamberterie m'avaient incité à acheter cet ouvrage dont le projet se pprochait quelque peu de celui de Geneviève Brisac avec 52 .
Pourtant, j'étais restée "à la porte" des romans de cette auteure australienne, tant l'écriture et les thèmes  traités me paraissaient étranges voire étrangers.
Effectivement,il  m'a fallu un certain temps et une lecture en deux parties avant de parvenir à apprivoiser l'univers de Kirsty Gunn, même si d'emblée j'adhérais totalement à son anlyse du roman Bonté de carol Shields.9782267019025
Ce qui donne son unité à ce projet multiforme ,qui alterne poèmes (une traduction en vis à vis aurait été bien utile à mon anglais rouillé...), nouvelles,courts essais littéraires, sont les thèmes récurrents : la voracité de l'amour maternel ,qui contraste violemment avec toutes ces histoires de soeurs devant faire front face à  l'abandon maternel , l'analyse fine de ce qui fait la richesse de la vie des femmes( si bien rendue par les  écrivaines anglo-saxonnes) et surtout l'idée d'arriver à se créer un lieu à soi par les mots.
Une écriture précise à la fois profonde et légère.

L'avis de Clarabel.

23/03/2007

La famille Lament

Dans La  famille Lament , je demande...
Le père, fourmillant d'idées, toujours prêt à repartir pour accomplir ce qu'il estime être la destinée  familiale: le voyage;
La mère qui défend  ses convictions non racistes (et à la fin des années 50 , c'est courageux)au risque de s'aliéner le  voisinage; 9782264043658
Will, le  fils aîné,un peu tiraillé entre le couple de se sparents et celui desjumeaux, Julius et Marcus,  et qui peine un peu à trouver sa place dans la constellation familiale...
Mine  de rien,  sous couvert d'un roman très agréable et distrayant (j'ai hoqueté de rire en lisant le récit de la  mauvaise farce faite à Ajax, le molosse aussi obtus que son maître...),  George Hagen traite dethèmes plus graves:  l'intolérance,  la résilience, l'intégration (et ce que l'on est prêt à perdre pour l'obtenir...
Il désamorce tout pathos et construit le  roman d'une manière légère:  le  lecteur partage d'emblée un secret  qui ne sera révélé  que  tardivement à l'un des personnages. Les rebondissements s'enchaînent, alternant moments graves et joyeux et c'est avec regrets que l'on quitte cette famille si sympathique.