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14/08/2012

Cliente

"Mais c'est quelqu'un de léger, qui ne pèse pas."

Judith, pimpante quinquagénaire, animatrice d'une émission de téléachat, n'éprouve aucune honte à utiliser les services tarifés de jeunes hommes pour combler le vide sexuel de sa vie. Elle a établi des règles très claires qui vont quelque peu vaciller quand  elle rencontre Marco, escort-boy occasionnel.
Ce dernier n'a rien dit à sa jeune femme Fanny car tous deux galèrent pour obtenir leur indépendance financière et cet argent facilement gagné , en apparence, leur est plus que nécessaire. Mais évidemment, Fanny va découvrir le pot aux roses...josiane balasko,les quinqua sont sympa
Je n'ai pas vu le film réalisé par Josiane Balasko, mais , vu la couverture du livre, j'ai tout de suite prêté les traits de Nathalie Baye à Judith et cela ne m'a en rien gêné car cette actrice possède à la fois la classe du personnage et cette capacité à assumer ces choix avec assurance et liberté. Comme Judith, on l'imagine autant à l'aise dans une boui boui infâme à se bâfrer de pizza que dans un cinq étoiles !
Josiane Balasko n'est en rien une styliste mais elle conduit de main de maître son récit, campe des personnages plus vrais que nature et n'hésite pas à appeler un chat un chat sans pour autant sombrer dans la vulgarité. C'est couillu et sensible à la fois, un mélange rare !

Cliente, Josiane Balasko, Livre de poche 2005, 251 pages pleines de vie !

Déniché à la médiathèque.

03/08/2012

Du vent dans mes mollets...de nouveau en poche et ...

...le 22 août au cinéma. Tentée je suis, ne serait-ce que par la présence d'Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle carré !

Attirée par la  couverture initiale et le titre, rebutée par la  4 ème  de couv' qui convoque à la fois Le petit Nicolas et Zazie dans le métro , j'hésitais toujours. mais j'ai sauté dessus quand je l'ai vu à  la médiathèque et j'ai bien fait !
La  préface  d'Howward Buten m'a mise en confiance et et j'ai vite été prise par l'histoire de cette petite Rachel qui observe le monde des adultes avec acuité et impertinence,"C'est bien ce que je dis,décidément les parents heureusement qu'ils  filent pas dans leur chambre chaque fois qu'ils sont à côté de la plaque, parce que sinon, il resterait plus grand monde à table". Sa copine , Hortense n'est pas en reste d'ailleurs, elle qui constate avec une logique imparable : "Les  péchés font partie des  obligations de  l'existence, figure-toi Rachel.Si j'ai rien à confesser,soit le père Nérac sera déçu, soit il  me  prendra pour une menteuse, et je ne peux pas  trop me permettre  de  le  contrarier avant ma première communion si tu vois ce  que je veux dire."9782290004760.gif
Le  récit est rythmé  par les  séances avec Mme Blabla "psychologue pour enfants persécutés"  et on est partagé entre le rire et l'émotion , par les  efforts de Rachel pour s'intégrer tout en gardant sa liberté de ton.

Il y avait Du vent  dans les branches de  sassafras et désormais il y a Du vent dans mes  mollets et une auteure, Raphaële Moussafir,  que je vais suivre, j'en suis certaine avec ce titre, toujours dans la collection "les mues", décidément fort riche .

(Rien que le titre m'enchante !)

La bande annonce ici.

Du vent dans mes mollets, Raphaëlle Moussafir, J'ai lu.

27/07/2012

Arrête de mourir

"C'est quoi ce bordel, ce désordre, ce foutoir, où les mères retombent en enfance alors que leurs enfants en sont à peine sortis ?"

L'année du bac pour Samuel. Mais il a bien d'autres soucis en tête car d'une part il est amoureux de la Pauline et d'autre part et surtout sa mère adopte un comportement de plus en plus irrationnel. La famille va devoir se rendre à l'évidence : la mère de Samuel et Caroline est atteinte de la maladie d'Alzheimer et ce à l'âge de 49 ans.irène cohen-janca,alzheimer
Refus d'admettre la réalité, colère  puis acceptation, l'adolescent qui nous livre son point de vue passe par toutes ses étapes, scandant son récit des couplets de la chanson de William Sheller, Maman est folle.
81 petites pages, un concentré d'amour et d'émotion pour dire la maladie et ses répercussions sur de jeunes adultes. L'écriture est magnifique, tour à tour familière et imagée et ne sombre jamais dans le pathétique. Un texte "à murmurer à l'oreille d'un ami à hurler devant son miroir, à partager avec soi et le monde", un texte de la collection "D'une seule voix". à laisser infuser.

Arrête de mourir, Irène Cohen-Janca, Actes Sud Junior 2011.

Déniché à la médiathèque.

 

23/07/2012

Clair de loups

"- C''est une habitude dans votre famille ?
- Quoi donc ?
- De faire lire des manuscrits..."

Un écrivain déchiqueté par les lions du zoo de Maubeuge (Nord), voilà qui est pour le moins surprenant ! La police mène l'enquête, aidée en cela par Solange Kieffer, une amie du défunt et maubeugeoise de surcroît, qui a décidé de faire lire son journal intime au policier chargé de l'enquête.
Il aura fallu les challenges de Liliba et de Lystig, plus un courriel de Sylvie enthousiaste au sujet d'un autre roman  de l'auteure, pour que je me décide à lire un des Polars en Nord !514ZdBH3stL._SL500_AA300_.jpg
Grand bien m'en a pris ! On s'attache à tous ces personnages qui entretiennent des liens plus complexes qu'il n'y paraît à première vue et on prend beaucoup de plaisir à identifier des lieux que l'on a déjà fréquentés. L 'évo77158740_p.jpgcation de la construction de l'université de Lille III dans des champs, qui ont aujourd'hui disparus, paraît follement rétro !
Un seul regret : le zoo reste un décor autour duquel on tourne, sans jamais y entrer, l'enquête se préoccupant davantage des personnages et de leurs parcours. Un roman des plus sympathiques !

Clair de loups, J(osette). Wouters, Ravet-Anceau 2008, 253 pages made in Nord !

Déniché à la médiathèque.

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20/07/2012

Supplément à la vie de barbara Loden

"Barbara ne fait des films que pour ça. Apaiser. Réparer les douleurs, traiter l'humiliation, traiter la peur."

Barbara Loden, actrice des sixties mais aussi réalisatrice d'un unique film Wanda, dont elle incarne le personnage éponyme (car "Tout ce que je fais c'est moi." ) est le sujet de la notice que doit rédiger la narratrice du roman.nathalie léger,prix du livre inter 2012
Mais, très rapidement, à force d'accumuler la documentation , cette dernière qu'on devine très proche de l'auteure, prend sa mission de plus en plus à coeur et laisse aller son texte vers l'autobiographie, quoi qu'en dise son éditeur. Elle approfondit son enquête, n'hésitant pas à contacter l'entourage de Barbara Loden, se laissant fasciner par la personnalité de cette femme troublante.
De la même manière que la notice se détourne de sa direction initiale, entrelaçant la biographie de Barbara, le film Wanda et les réactions de la narratrice et de sa mère, Nathalie Léger nous offre le portrait de femmes à la dérive. Son écriture est à la fois précise et hypnotique, elle tisse son texte avec maestria et envoûte le lecteur. Un texte qui reste longtemps en mémoire et résonne en nous.

Un extrait :

"A quoi puis-je reconnaître ce qui me lie à Wanda ? Je n'ai jamais erré sans domicile, je n'ai pas abandonné d'enfants, je n'ai jamais remis le cours de mon existence  ou simplement celui de mes affaires à un homme, le cours quotidien de ma vie, je ne l'ai jamais confié à quiconque, me semble-t-il, j'ai abandonné des hommes, et parfois brutalement, avec la joie vibrante qu'o éprouve à bifurquer, à s'évanouir dans une foule, à sauter sans prévenir dans un train, à faire faux bond, le plaisir aigu et rare de se dérober, de se soustraire, de disparaître dans le paysage-mais pas celui de se soumettre. [...] mais il m'est arrivé surtout de me laisser faire, d'attendre que ça passe, de préférer le malentendu à l'affrontement-impossible dans ces moments de penser  que la défense et l'illustration de mon corps  puisse en valoir la, peine, et d'ailleurs qu'est ce que ça signifie "mon corps" , à quinze ans, seul signifie  ne pas être seule, ne pas être abandonnée."

Merci à Clara pour le prêt !

Supplément à la vie de Barbara Loden, Nathalie Léger, POL 2012, 150 pages denses.n livre qui mérite d'aller, zou sur l'étagère des indispensables !

18/07/2012

Plan B pour l'été

hélène vignal"C'est compliqué, c'est réversible, c'est tordu, c'est flou ...en un mot, c'est bon !"

Comment convaincre une mamie sympa mais un tantinet psychorigide de faire du camping ? C'est Le plan B pour l'été de Louise , 15 ans,  qui veut passer un semaine de vacances avec son meilleur ami Théo, homo dont la famille ne veut admettre l'orientation sexuelle.
Gageons que l'ado saura se montrer persuasive et qu'elle y gagnera en outre de connaître enfin de nouveaux aspects du passé de sa grand-mère.
Une écriture vive et enjouée pour un roman en apparence léger mais qui brosse un très joli portrait des relations intergénérationnelles, sans mièvrerie, et évoque des sujets graves au passage.

Merci Clara pour cette découverte !

Plan B pour l'été, Hélène Vignal, Le Rouergue 2012, 217 pages hérissées de marque-pages !

17/07/2012

Les visage écrasés

"Les victimes ne sont jamais celles que l'on croit."

Carole Matthieu, médecin du travail , recueille dans son cabinet la souffrance des salariés qui subissent en vrac restructurations, menaces, mises au placard, bref l'ordinaire du management actuel dans certaines entreprises.marin ledun,médecin du travail
Mais un jour , c'est la goutte de trop et le docteur Matthieu va redonner sa dignité d'une manière radicale à un salarié à deux pas du suicide.
Commencé sur les chapeaux de roues, Les visages écrasés est un rouleau compresseur inexorable, une descente aux enfers, une spirale de violence racontée sans pathos, une tragédie en marche. Jamais manichéiste, l'intrigue s'avère bien plus subtile qu'il n'y paraît et l'on ne peut lâcher ce texte qui témoigne de la souffrance à tous les étages de l'entreprise, de la femme de ménage harcelée au petit chef chargé de faire le sale boulot:
"La souffrance naît de la disparition progressive de tous ces minuscules espaces de liberté nécessaires et vitaux sur lesquels le top management rogne pour accroître les marges de productivité  : la minute de pause en moins, les réponses à formuler au client chronométrées à la seconde,-pas une de plus-, la pause cigarette réduite de moitié, le téléphone directement branché sur celui du supérieur, le script standardisé au mot près à servir à chaque client ou le sourire programmé." Un texte implacable et nécessaire.

Les visages écrasés, Marin Ledun, Points seuil 2012, 397 pages à lire absolument.

Grand prix du roman noir au festival policier de Beaune, Trophe 813. Sélection 2012 pour le prix du meilleur polar points seuil.marin ledun,médecin du travail

Et de un pour le challenge de  Liliba !

Saxasoul a adoré !

11/07/2012

Le chapeau de Mitterrand

"Il avait triomphé de tous les obstacles, à la manière des héros de contes , qui traversent  royaumes, rivières, forêts et montagnes à la recherche d'une pomme d'or ou d'une pierre magique qui leur apportera la puissance et la gloire, ou tout simplement le sentiment du défi relevé."

Daniel Mercier, comptable,  s'approprie le chapeau du Président de la République que ce dernier a oublié dans un restaurant où leurs tables étaient voisines. Dès lors, hasard ou puissance de la projection qu'il fait sur cet emblème de pouvoir, la vie de ce français modeste va être transformée. Mais comme dans tout conte qui se respecte, l'objet magique va passer de propriétaire en propriétaire, influant sur leurs existences et permettant de brosser au passage une réjouissante rétrospective des années 80. à noter d'ailleurs que seul le premier "utilisateur" du couvre-chef est au courant de l'identité du propriétaire réel, ce qui donne encore plus de saveur à la projection qu'ils vont faire sur cet objet, l'utilisant comme un déclencheur, un levier providentiel qui vient donner une nouvelle impulsion à leurs vies.antoine laurain,années 80
Ah on peut dire que j'ai pris mon temps pour me décider à lire  ce roman ! J'ai traîné des pieds mais, une fois commencé, je n'ai plus lâché ce Chapeau de Mitterrand ! Une vraie fontaine de jouvence qui m'a ramenée trente ans en arrière , m'a fait sourire jusqu'à la pirouette finale qui remet en perspective tout le roman !  Une fable réjouissante et un style enlevé, que demander de plus? !

Merci Sylvie !

Le chapeau de Mitterrand, Antoine Laurain, Flammarion 2011.

Ce roman vient d'obtenir le prix relay SNCF.

L'avis d'Ys

Liliba qui vous envoie vers plein d'autres billets

Mango

Le blog de l'auteur

02/07/2012

J'habite dans la télévision

"ça n'a rien de plaisant, de glamour, ni de drôle. pour personne, ni pour moi. Mais quoi qu'il puisse en ressortir, quoi que ça puisse donner comme trace, je sais qu'il se passe quelque chose en moi, pour de vrai Quelque chose comme mon crâne qui se remplit tous les jours d'oiseaux morts qui n'y étaient nullement avant que ça commence. Quelque chose comme une forme de réalité imposée depuis longtemps à des millions de personnes. ça ne sert peut être à rien , mais je dois persévérer. ressentir mon cerveau qui devient disponible, neurone à neurone disponible, je sais que ça n'a pas de sens pour beaucoup et pour vous. C'est juste un témoignage éperdu comme tant d'autres, sans valur ni effet. Mais c'est un  petit bout de vie ébranlée par une phrase* en juillet 2004, qui a voulu comprendre comment on la mangeait"

* Ce que nous vendons à Coca Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible, phrase prononcée par Patrick Le Lay,PDG de TF1. Cette phrase sera le point de départ d'une expérience menée par la romancière Chloé Delaume. 22 mois durant , toute la journée, elle s'est soumise au flux de chloé delaumemessages publicitaires, de programmes de téléréalité, enregistrant ses mutations corporelles et celles de son cerveau. Ce pourrait être uniquement une tentative sociologique, voire scientifique, mais c'est surtout une expérience sur le langage comme le montre l'extrait ci-dessus.
Le vocabulaire, très précis, n'est pas toujours facile, les ruptures de tons sont fréquentes et le lecteur se perd parfois en chemin mais cela n'en reste pas moins un texte qui fait réagir et s'interroger , tant par le thème que par l'écriture. Un texte qui m'a donné envie de poursuivre ma découverte de cette auteure.chloé delaume

Merci Sébastien pour le prêt !

27/06/2012

Le chauffe-eau (épopée)

"Dans un coin sombre du garage, le chauffe-eau existait, impénétrable et muet comme un Moloch stoïque."

Une épopée contemporaine en cinquante -six pages format poche, tel est le défi ,relevé haut la main, par Antoine Martin.antoine martin,ah mon dieu quel bonheur d'avoir un mari bricoleur
En lice, deux combattants : le chauffe-eau , dont le démon s 'éveille en plusieurs étapes, et un père de famille doté de deux mains gauches , d'une caisse à outils réduite à sa plus brève expression mais prêt à lutter jusqu'au bout :" ...le père hésita très peu avant de se lancer dans l'inégal corps à corps. Y avait pas , ça serait lui ou lui.
Il n'était pas au bout de ses peines."
Vous l'aurez compris les hauts faits dont il sera ici question sont des plus quotidiens et des plus triviaux. Mais Antoine Martin, à coups d'allusions littéraires, de vocabulaire volontairement excessif , tour à tour, familier ou soutenu, crée un décalage des plus efficaces pour faire naître le sourire.
Le style est  impeccable, la dérision au rendez-vous et on suit, captivé, les péripéties de ce combat entre le chauffe-eau et l'homme. Promis vous n'ouvrirez plus votre robinet d'eau chaude sans avoir une pensée émue pour cet appareil ! Un délice à s'offrir dans plus tarder !

Le chauffe-eau, Antoine Martin, le Diable Vauvert 2012, 56 pages, 5 euros.