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06/03/2007

"Je suis une force qui va..."

Avant de devenir Un homme heureux, le  héros de Arto Paasilinna va connaître bien des vicissitudes.  Ingénieur spécialisé dans la  construction de ponts, il a des méthodes de travail particulières qui vont déplaire aux notables du petit villageoù il travaille,  notables qui n'auront de cesse  de le faire renvoyer.
Mais pareil au bulldozer qu'il  utilisera pour construire sa propre  ligne de chemoin de fer,l'ingénieur ingénieux Jatanen va tracer sa propre route avant d'atteindre une certaine sérénité.9782070343706
Ce n'est pas un roman sur la  vengeance, certes Jatanen veut prendre sa revanche et il le fera, mais ce n'est pas un mauvais bougre, c'est plutôt une fable sur la volonté d'agir et de dépasser les obstacles.
Paasilinna égratigne au passage toutes les lourdeurs administratives et présente d'une manière quelque peu idyllique la création de l'entreprise de Jatanen mais ce n'est pas un manuel d'économie que nous sommes en train de lire.
Vatanen et son lièvre apparaissent même un court instant et l'auteur se met lui même en scène pour augmenter l'effet de réel.
J'ai eu un peu de mal à  entrer dans ce roman dont les personnages sont sympathiques mais un peu rustauds . L'humour "campagnard" est parfois un peu lourd à digérer...

03/03/2007

Un concentré d'humour et de causticité !

Lady Cathulu à Lady Cuné

Hé bien ma chère Cuné, j'ai  bien lu le livre que vous m'aviez convaincue de lire grâce àvotre esprit de persuasion incomparable.
"Une veuve spirituelle et jolie",ainsi est décrite sur la  4ème de  couverture Lady Susan, l'héroïne de Jane Austen.
Pauvre, elle en serait réduite à dépendre  de ses riches parents si elle n'était la reine des manipulatrices. Rien ne lui fait obstacle , elle ose tout, même se  plaindre:"Je suis lasse de soumettre ma volonté au caprice d'autrui [...]J'ai fait trop  de concessions, je me suis trop facilement laissé influencer", elle pour qui les revirements de ses victimes ne sont que péripéties sans importance...9782070337569
Veuve fort peu éplorée, mère totalement indigne, elle rivalise en méchanceté avec sa meilleure amie, Mme Johnson, chacune d'elle espérant implicitement ,ou pas, la mort d'éventuels gêneurs en toute tranquillité !
Quant aux hommes, ils n'ont pas le beau rôle: jeunes ce ne sont que des proies choisies par des demoiselles décidées; âgés, ils  ne peuvent que résister tant bien que mal à la volonté de  leur épouse...
Jane Austen mène ce court roman épistolaire tambour battant et j'ai galopé avec bonheur dans ce  qui m'apparaissait encore il y a peu les "buissons" des phrases de  cette auteure.
Merci à vous Cuné d'avoir insisté !
Dans l'espoir de  renouveler cette expérience de lecture croisée, je suis,
Fidèlement vôtre

Cathulu

21/02/2007

Le livre doudou

Après avoir vaillamment résisté  il ya quelques années au livre en forme de sac (et dieu sait si j'aime les livres et les sacs !),  j'ai craqué pour le livre doudou alias  Qui a tué Glenn?  de Léonie Swann.9782841113309
Pourquoi une telle appellation ? Tout simplement parce  qu'un très mignon mouton en peluche se trouve sur la couverture et qu'il gambade au bas de chacune des pages du roman, ce qui permet de le voir bouger si on le feuillette.
Serais-je retombée en enfance? peut être car si ce roman est vendu comme étant le premier livre policier mettant en scène des moutons, l'intrigue est digne du "Club des  cinq " ou du "Clan des  sept",mais à la limite on se moque de savoir qui a tué le berger si original de ces ovins.
Même si le style est parfois maladroit, on sent une véritable affection de l'auteure pour ses personnages à quatre pattes et elle réussit ma  foi assez bien son pari de nous montrer la réalité à travers les yeux des moutons. De bout en bout, en effet, ce sont eux qui vont mener l'enquête et découvrir la vérité.
Dans un genre moins bucolique, Jean-Bernard Pouy nous avait montré le début de Larchmutz 5632 à travers les yeux d'une vache , mais avait dû rapidement passer la main à d'autres narrateurs davantage susceptibles de faire avancer l'action.9782070417117
Une douce régression  que le roman allemand de Leoni Swann (et une bonne opération marketing?  )

16/02/2007

Une perle parmi les cochons

Soit Max, encore jeune  mais n'ayant jamais profité de la vie, raffiné et souffant de TOC relatifs à l'ordre et la propreté.
Soit Emma,  exploitante agricole célibataire , dans une contrée reculée d'Allemagne où les femmes ont pour  seul objectif de régenter la vie de leurs époux pour le plus grand bonheur de ceux-ci.9782266164313
Tout les oppose et évidemment quand Max va être  propulsé dans la porcherie des Amis d'Emma, on s'attend à  entendre les violons, "Pretty woman", nous voici ! Que nenni ! Car nous sommes ici dans un mélange de  "Soupe aux choux" par le  côté farce paysanne qui ne fait pas dans la dentelle mais dans la boue et le lisier, de  "Love Story" où les médecins déballent sans le moindre embarras tous les ennuis intestinaux que vont avoir leur malade en phase terminale, sans oublier les descriptions dignes d'un film gore de  l'abattage des porcs (amis végétariens passez votre chemin !).
Ou ça passe ou ça casse! Et pourtant ce roman de Claudia Schreiber se révèle beaucoup plus subtil et attachant que tout ce que je viens d'écrire le donnerait à penser. On y trouve des trésors de délicatesse à  côté de descriptions jubilatoires (vous y trouverez entr'autre une manière bien particulière d'utiliser une vieille mobylette, je ne vous dis que  cela ! ). La fin m'a paru un peu trop  "conte de fée' mais j'ai eu le  sourire tout au long de la lecture de ce roman que j'ai dévoré d'une traite et qui vient de sortir en poche  !
Ce roman ne révolutionnera pas la littérature mais il vous fera passer d'excellents moments,foi de Cathulu!

02/02/2007

Tout pour me déplaire (et pourtant ...)

(Normalement, en lisant le titre, Cuné doit avoir les cheveux qui se dressent sur la tête ...)9782264037015
Pour commencer, le titre : Le petit Bâtard, aux relents Guy Des Carsiens (du nom  d'un auteur de roman populaire, heureusement tombé dans l'oubli...), ensuite la photo de couverture, peu lisible et peu engageante , mais heureusement, bravant tout ceci, la recommandation de Cuné, qui vaut tous les viatiques.
Dans ce roman, l'auteur a réussi à rassembler tou ce qui me hérisse: une histoire d'hommes , récit d'iniation de surcroît, d'où la violence n'est pas absente , mais , miraculeusement,  William Kowalski, esquive avec grâce tous les clichés et est parvenu à m'émouvoir comme rarement.
Le jeune Billy , bien qu'élevé uniquement par un grand-père confit dans le whisky, nourri une grande partie de sa vie de saucisses grillées (!), devient peu à peu une jeune homme attachant et sensible , bien que taraudé parfois par une violence héritée de son lignage.
Les personnages secondaires sont tous très bien dessinés et j'ai particulèrement aimé la famille d'origine allemande qui accueillera un moment Billy.On aimerait vraiment rencontrer de telles personnes.
Kowalski traite également avec délicatesse de graves problèmes que chacun feint parfois de ne pas voir et je me suis surprise à ralentir mon rythme de lecture pour savourer ce bon gros roman , un bon gros roman comme je les aime ! (Là, Cuné  a retrouvé le sourire!)

01/02/2007

Le royaume des mots

Chacun de nous a une histoire, voilà ce qu'affirme Vida Winter, écrivaine prolifique qui entretient avec la vérité des relations complexes...Pourtant, à la fin de sa vie, elle  se choisit une biographe, Margaret Lea, afin de ne plus esquiver Le treizième conte, récit qui donne son titre au roman et qui est la clé de toute sa vie.
A partir de  là, nous sommes emportés dans un monde qui ressemble à celui des soeurs Brontë, un univers plein de livres et de bibliothèques auxquels se raccrocher , plein de péripéties amenées sans tambour ni trompettes, un monde dans lequel nous nous glissons avec délices comme dans un bain bien chaud...9782259205443
Dans ce roman dense mais pas touffu, il est aussi beaucoup question de passage entre deux univers, celui de la fiction et de la réalité, de la vie et de la mort...
La biographe, en délivrant la romancière de son secret, s'allègera elle aussi du poids du passé . Quant au   lecteur , il sera réconforté car Diane Setterfield ,qui a sans doute beaucoup lu, prend soin de lui donner des nouvelles de tous les personnages, y compris du chat Shadow, ce dont nous la remercions.
389 pages à savourer . Un pur bonheur !
Toute ma gratitude à Cuné pour cette découverte

08/01/2007

Allumer le feu ...

Au cours d'une promande en famille le 1er janvier, le narrateur, rédacteur scientifique, décide d'abord de se lever de bonne heure, d'allumer le feu dans la cheminée et de noter aujour le jour les résultats de cette "expérience".9782264040800
33 allumettes dans  la pochette, 33 textes courts et précis, au cours desquels le narrateur se dévoile à travers de menus détails et apprend à savourer de petits instants de vie.
Cela pourrait être fastidieux mais cette contrainte ,qui tient à la fois du zen et de l'Oulipo, se révèle passionnante.
Rien à voir avec Delerm et sa Première gorgée de bière , qui pouvait paraître bien séduisante mais se révélait à l'analyse bien creuse...
Nicholson Baker et sa Boîte d'allumettes valent vraiment le détour; en plus,ce livre coûte à peine plus cher qu'un paquet de cigarettes !

03/01/2007

L'Australie n'existe pas.(navet 2006 !)

Tous les livres me tombant des mains , je résolus de me lancer dans une périlleuse entreprise : voir si la collection "Harlequin" dans laquelle je n'avais pas  mis les yeux depuis trois décennies au moins avait évolué. Je jetais mon dévolu sur un roman se déroulant en Australie, me disant qu'au moins je glanerai quelques informations sur la vie quotidienne des Bridget Jones locales.
La collection "Red dressink " est destinée , je cite aux "citadines branchées" mais aucune alarme ne s'étant déclenchée pour signaler mon inadéquation au coeur de cible, j'ai acheté 9782280155168ceci :

Bilan: L'Australie est un pays où l'on peut se faire masser le cou et la tête avant d'aller à la plage(bonne nouvelle mais ça fait un peu loin pour en profiter). On peut s'arrêter sur l'autoroute et mettre pied à terre sur la chaussée sans être pour autant suicidaire.
Les australiennes se nourrissent essentiellement de pistaches et de biscuits au chocolat.  Elles  boivent des litres de thé et des crèmes de menthe qui  les grisent et leur dégagent les sinus (truc  à  retenir?  ne me remerciez pas).Les mots "régimes et "calories" ne font pas partie de leur vocabulaire ( ce qui est une bonne nouvelle, vous en conviendrez).
Elles 'ennuient en ressassant leurs problèmes de  couples et/ou de boulot  et nous aussi par la même occasion.
La seule scène un peu osée a lieu au milieu du roman (200 pages à se fader avant d'y arriver).J'ai  connu des pubs pour yaourts plus sensuelles. Il est vrai que le futur ex-mari de l'héroïne , le dénommé Jean-Luc (!) n'est pas Français comme le répètent à l'envie les copines de  l'héroïne, il est Suisse. Ce qui change tout, vous l'avouerez.
Le sul personnage intéressant est le chien que l'héroïne essaie lâchement d'assassiner en le gavant de biscuits au chocolat, ce qui est évidemment néfaste pour la bestiole mais elle résiste, contrairement à la lectrice qui va se décrocher la mâchoire...
Bref, dans ce livre, lres personnages n'ont aucune épaisseur psychologique, ils ne s'inscrivent pas dans le réel , on se moque comme d'une guigne de leurs soucis, l'Australie n'existe pas, ce qui est un comble, quant au style...quel style ? A fuir !

21/12/2006

Alma, la tant aimée ...

Malgré la critique de Cuné, je n'ai pas réussi à entrer dans La maison Tudaure de Caroline Sers, pas le bon état d'esprit sans doute...9782283022207
Me restait alors Histoire de l'amour de Nicole  Krauss. J'y allais un peu à reculons, le titre ne m'engageant guère même si je me souvenais avoir lu la critique de Clarabel. L'Amour thème rebattu certes mais revisité ici avec brio.
Je me suis surprise à m'attacher sans exception à tous les personnages, que ce soit ce vieillard qui  possède les clés d'une bonne partie de la ville mais pas celle de sa propre existence .. Cette Alma de 15 ans bientôt, orpheline de père, dont la mère pour oublier sa tristesse , se lance dans la traduction d'un livre qui est au coeur de l'histoire de chacun des personnages...Il est aussi beaucoup questions d'écrivains et de filiation, d'amours perdues et sublimées, de pertes et d'abandons...9782070773084
Ne comptez pas sur moi pour vous éclairer davantage,je vous laisse découvrir les tours et détours de ce roman.
Nicole Krauss écrit limpidement et maîtrise totalement une intrigue subtile mais pas artificielle car souvent la vie est plus romanesque que les romans , fussent-ils d'amour.
 
La critique  de Clarabel

19/12/2006

Nous n'y échapperons pas (3)

Un grand classique: la lettre au père Noêl. La mienne sera courte:

Cher Père Noël,

Mon aspirateur venant , après moult fumerolles et borborygmes divers, de rendre l'âme, si l'Homme décide de m'offrir un remplaçant de compétition comme cadeau de Noël, il se retrouvera aux urgences et moi dans la rubrique faits-divers d'hiver.

Voilà qui est dit.Pour le reste, je n'ai pas d'idées, alors je prendrai ce que vous voudrez bien m'apporter. Merci d'avance

Cathulu9782020799102

PS: je vais me replonger dans Le cadeau qui est sorti en poche et dans lequel il y a une véritable compétition entre deux hommes: à celui qui fera le  cadeau le plus cher, le plus impressionnant à l'autre. Ici le cadeau n'est pas une manière de montrer son affection mais bien un moyen d'écraser l'autre dans un potlatch* sans merci. La satire sociale est féroce , les yuppies en prennent pour leur grade mais autant j'ai été réjouie par la première partie du roman, autant la seconde m'a déçue, je l'ai trouvée par trop invraisemblable . A vous de voir donc.

*don ou destruction à caractère sacré, constituant un défi de faire un don équivalent pour le donataire.
C'était la minute culturelle de 2006. Il était temps !