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20/08/2006

Economisons notre temps..

Sur la 4ème de couverture de Poésie à bout portant, il est mentionné  que l'auteur , Victor Gischler, "buvant du café à longueur de journée(...) ne dort que sept minutes par nuit". Grand bien lui fasse.Quand on nous présente l'auteur comme un grand (! ) original, j'ai tendance à me méfier. Surtout quand il s'agit de préférences alimentaires.

9782070314737Bien que n'ayant jamais bu de café (voilà qui est original, non ?, surtout quand on est Ch'ti), j'ai quand même réussi à tenir jusqu'à la page 214 avant de déclarer forfait. 
L'idée de départ pouvait sembler intéressante: un jeune Noir, "petite frappe" s'empare de l'identité d'un futur étudiant en poésie, dans l'espoir de changer de vie. Au passage, il râfle aussi un kilo de cocaïne à son chef, ce qui augure mal de son avenir et de sa motivation.
Les récits d'impostures sont difficiles à traiter et l'auteur ne fait ici qu'effleurer le problème.
Gischler, enseignant à l'université, en profite pour brosser au passage des portraits plus lourdingues les uns que les autres des profs de fac.
On ne s'attache pas à ces fantoches sans épaisseur qui ne pensent qu'à boire ou à baiser ou aux deux . ça s'agite beaucoup, ça castagne, ça pétarade ...mais dans le vide.
Et la poésie dans tout ça ? Elle est évoquée accessoirement et est aussi utile à la narration qu'une paire de palmes dans le désert.

19/08/2006

De l'art de manipuler (et de se faire manipuler)

Il paraît que  les jeunes délinquants français, gavés de films et feuilletons américains appellent les juges "Votre Honneur"... Si comme moi, vous n'aimez ni les films ni les bouquins de procès, vous allez avoir un léger recul en voyant le thème et le héros du nouveau bouquin de Michael Connelly, La défense Lincoln.
En effet, l'auteur a délaissé (provisoirement ?) son inspecteur Hiéronymus Bosch pour un dénommé Mickey Haller , avocat de la défense.

9782020662758"Comment fais-tu pour être un avocat de la défense bien crapoteux avec deux ex et une fille de huit ans et qu'on t'aime toutes encore." Voilà résumée par une de ses ex femmes, elle même avocate ,mais de l'accusation,la situation de notre héros. Parce qu'il est plutôt sympa , Mickey, et il manipule avec dextérité tous les rouages de la justice américaine et les gens qui l'entoure de la même manière pour subsister avec ses clients pas très en fonds.
Alors le jour où un client très riche fait appel à lui, il  croit qu'il va toucher le pactole et pouvoir payer sans difficultés, enfin, les traites de sa maison avec vue (un point commun avec Bosch).Evidemment, tout va se compliquer et Mickey va  se retrouver dans une situation inextricable ,face au Mal.
Le lecteur suit sans difficulté aucune le héros dans les subtilités du système judiciaire américain et se laisse allègrement manipulé par Connelly. Rien n'est manichéen dans  ce texte où le héros en vient à remettre en cause son propre fonctionnement .
Si vous n'avez pas comme moi la chance d'avoir un beau-frère fan de Connelly (merci, François) et que votre budget livres est en train d'exploser, attendez un peu, ce livre sortira bientôt en poche...

17/08/2006

Trois frères, trois soirs d'été.

(titre éhonteusement copié sur Trois femmes un soir d'été , la saga de l'été dernier sur France 2 qu'un programmateur fou a repassé le mois derniersur France 4, à l'heure de la sieste ,dans le désordre,  puis dans l'ordre, pour voir si on suivait...).9782848930299
Pas de coups de théâtres fracassants, tout est feutré dans Jours de juin de Julia Glass. Ce roman se divise en trois étés qui vont bouleverser la vie d'une famille écossaise.Des décès vont entraîner des réajustements entre les personnages, réajustement des places de chacun au sein de la famille et aussi de la vision , forcément parcellaire et myope, que chacun a des autres.
Ce très beau texte aurait aussi pu reprendre le titre de Sylvie Doizelet Chercher sa demeure car chacun dans le roman de julia Glass peine à trouver le pays (Ecosse, Grèce, Etats-Unis, France) qui lui donnera la sérénité.
Si vous aimez l'atmosphère des vielles demeures écossaises, les chiens de berger, la musique et les livres,vous trouverez votre bonheur dans ce livre qui n'est ni triste ni mélancolique. On y trouve même des pointes d'humour quasiment anglais .
Julia Glass est américaine mais elle mériterait presque qu'on lui accorde l'étiquette de romancière anglaise, c'est dire si j'ai aimé...

12/08/2006

J'ai craqué !

9782877065993Merci d'abord pour vos témoignages de sympathie, ça fait chaud au coeur surtout qu'ici, l'été est bien fini (Non, non, nous n'avons pas rallumé le chauffage ! De toutes façons, vu les travaux , c'est impossible...).
Je peux bien recevoir vos messages mais pas en envoyer...ça progresse...
Ce n'est donc pas mon modem qui m'a fait craquer (il est bien moche mais on s'en fiche) mais 1/le temps pourri et 2/la fermeture de la médiathèque depuis trois longues semaines (je sais tout le monde a le droit de prendre des vacances, Laure (j'en profite pour te souhaiter une bonne fête en retard, désolée !) mais mes réserves ont vite fondu au soleil de la canicule (c'était quand déjà ?)).
Entre deux "draches" (averses soudaines et de grande intensité), on se croirait presque en Afrique,  Silo, si ce n'est les températures qui ne sont pas à la hauteur, j'ai donc fait une orgie de magazines sous le prétexte de voir ce qu'allait donner la rentrée littéraire.
Bof, rien de bien passionnant, mon banquier peut se rassurer.J'attendrai peut être la sortie en poche du nouvel Agnès Desarthe même si ces précédents romans ne m'avaient pas totalement convaincue.Je vais gArder mes petits sous pour le nouveau Atkinson , dont personne ne parle dans les critiques que j'ai lues et dont rien que le titre me réjouit: Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux. C'est bizarre, ça me rappelle quelque chose...

10/08/2006

"Chère Madeleine Wickam,

2266162268Grâce aux promotions estivales, j'ai enfin pu mettre la main ,sans dépenser un centime d'euro supplémentaire, sur votre  premier ouvrage: Martine acheteuse compulsive , je veux dire Confessions d'une accro du shopping.
Je m'étais enfin décidée car, en me promenant sur la Toile, j'avais découvert que ,sous le pseudonyme de Sophie Kinsella, se cachait l'auteure de délicieux romans* (tous parus en format poche), où vous égratigniez allègrement la société des Grands Bretons.
Je dois avouer que j'ai largement passé la trentaine et que ceci explique peut être les bâillements intempestifs qui se sont déclenchés à la lecture de ce roman. J'ai même failli abandonner tant l'intrigue m'a paru mince et convenue.
J'ai quand même souri quand votre héroïne, en voulant suivre les conseils d'un bouquin pour dépenser moins, se  retrouve à grever son budget...Cela m'a fait penser à L'art de la simplicité (qui vient de sortir en poche)et où l'auteure nous conseille d'acheter simple et durable (et donc il vaut mieux au départ avoir de confortables économies...).La seule différence , c'est que Dominique Loreau ne cite aucune marque, elle ne fait que les suggérer.
J'espère, chère Madeleine, que maintenant que vous avez trouvé la poule (tte) aux oeufs d'or, vous pouvez dépenser sans compter dans tous les magasins que vous citez (peut être vous accordent-ils même une remise, ce ne serait que justice), mais que vous trouverez quand même un peu de temps pour nous écrire de vrais romans, légers et drôles.
Sincèrement vôtre2501047648
Cathulu

*Des vacances inoubliables, Drôle de mariage, La madonne des enterrements.

07/08/2006

Le demi-frère (suite et fin)

Dans un roman, l'auteur peut nous indiquer, en passant, mine de de rien, à la trentième page que le personnage principal est noir ou que le docteur dont on suit les aventures est une femme. Lars Saabye Christensen ne se prive pas de ce procédé et je m'en voudrai de vous priver des surprises que recèle Le demi-frère.
De la même manière, beaucoup de révélations seront différées car les personnages entretiennent un rapport particulier au temps, à l'attente et aux souvenirs. Très peu de dates dans ces 918 pages mais une "chronologie poétique" qui ne nuit en aucune façon à la lecture.
Tout repose  sur l'histoire d'une lignée de femmes: La Vieille, ex star du cinéma muet, sa fille Boletta , elle même mère de Véra. Ces trois femmes ne connaîtront que des "hommes de la nuit ", des hommes disparus en leur laissant comme unique trace de leur passage un enfant. Ce lignage féminin, sera rompu avec la naissance de Fred, premier fils de Vera.
Cet enfant farouche , dont la naissance est doublement dramatique, manifeste son mal être (dû au poids des secrets qui l'entourent) par un comportement agressif ou mutique; il deviendra lui aussi un "homme de la nuit"
Son demi-frère, lui, aura la chance d'avoir un père mais un père "pigeon voyageur" qui exerce on ne sait quelle profession, qui vient et repart au gré de ses envies. Il apprendra à son fils que l'important n'est pas ce qu'on voit mais ce que l'on veut voir. Fort de cette leçon, le narrateur rêvera tout éveillé des rêves "en négatif"  qui parfois se réaliseront...
Le narrateur, contrairement à son demi-frère, est du côté du langage et il deviendra scénariste, aidé en cela par son ami Peder. Mais il est lui aussi englué dans les non-dits  et parfois il ne maîtrise pas ce qu'il dit...
ou ce qu'il  fait.
Tout est en demi-teintes dans de roman qui contourne les écueils de toute saga : peu de personnages (on ne se perd pas dans les méandres d'une famille nombreuse, loin s'en faut), mais ils sont tous très attachants et pittoresques; rien n'est dilué, l'auteur ne "tire pas à la ligne" , pas plus qu'il ne nous abreuve de descriptions interminables, même si les lieux sont très importants pour le narrateur.
Beaucoup d'émotion dans ce roman ,mais par petites touches, et les moments dramatiques sont contrebalancés par des instants cocasses (la leçon de danse où le narrateur rencontrera ses premiers amis) ou lumineux (les vacances avec Peder et Vivian).
Le demi-frère est un roman riche de réflexions et de thèmes qui parlent à tous ( et de manière simple) ; peut être est-ce pour cela qu'il mérite bien l'appellation de chef d'oeuvre...

05/08/2006

LA SAGA ...

demiNon, Ch'ti 31 , ce n'est pas celle de Yannick Noah (Ah, quel bel homme! les plaquettes de chocolat couleur chocolat...). Ce n'est pas non plus celle de France 2 (pour qui l'été commence fin août) et dont la pub ressemble à celle d'une eau minérale (espérons qu'elle sera moins insipide).
Non, c'est celle de Lars Saabye Christensen , Le demi-frère. 918 pages de pur bonheur (je ne fais pas dans la demi-mesure) et comme je ne veux pas écrire de demi-critique (j'en suis à la page 661), je ne vous en donne qu'un tout petit aperçu: "...elle souriait jusqu'aux oreilles, ce qui me rendit nerveux (car je sais qu'un tel sourire n'apporte rien de bon la plupart du temps: avec les méchants, on sait toujours à quoi s'en tenir, alors que les gentils, ils sont capables d'inventer n'importe quoi).Faites-en votre miel en cette fin de semaine frisquette
PS: C'est sorti en édition de poche (c'était mon troisième livre acheté lundi, pour ceux qui suivent), et ça ne vous fera pas mal aux poignets.

03/08/2006

Tanguy, reviens, j'ai les mêmes à la maison !

9782259202947A quoi reconnaît-on un bon livre ?
Si un livre prêté n'est jamais rendu, on peut supposer que c'est un bon livre. Donc tous les livres de Joanna Trollope sont des bons livres car ma voisine d'en face les conserve précieusement et m'en a dit le plus grand bien.
Elle devra pourtant se débrouiller par ses propres moyens pour lire le dernier en date, La deuxième lune de miel (je sais , le titre est sirupeux au possible, mais au moins il est explicite). Je compte en effet le relire quand je me sentirai triplement et directement concernée , c'est à dire dans quelques années.
De quoi ça cause ? D'un agent de théâtre et de sa femme ,dont les enfants ont quitté le nid familial ,et qui s'embarque dans un malentendu: Monsieur espère donner à son couple, un nouveau souffle (d'où le titre); Madame, même si elle a l'occasion de redémarrer sa carrière de comédienne , mise entre parenthèses pour élever ses trois enfants, ne demanderait pas mieux que les trois lascars reviennent se nicher dans ses bras...Et bien sûr, pour des raisons économiques ou sentimentales, le retour au foyer des grands enfants va être envisagé...
Bon, nous ne sommes pas chez les Groseille et même si les problèmes économiques des jeunes qui travaillent mais ne gagnent pas assez pour subvenir à leurs besoins sont envisagés, tout cela baigne quand même dans une ambiance très "bobo"(cf Ch'ti 31 pour l'explication...), il ne faut pas plomber l'ambiance.
Il n'en reste pas moins que Joanna Trollope a le chic pour "croquer" ses personnages et un grand sens de la psychologie.Même si je ne le "prête" pas à Marilou, c'est quand même un bon livre.
Il n'est pas encore sorti en édition de poche (mais le fera sans aucun doute), ce n'est donc pas le 3ème ouvrage acheté lundi , qui compte 900 pages et que  je  déguste. Un vrai bonheur par ce temps pluvieux!

PS: Allez voir chez Mariaba, c'est très chouette et elle a eu la gentillesse de répondre à mon questionnaire...

02/08/2006

Exercice périlleux...

PERDULundi après-midi, j'ai acheté trois livres (de poche, mon banquier sera content de l'apprendre). Je vous ai déjà parlé du premier hier, au risque de passer pour une malpolie.
Le second est d'un genre très différent et d'aucuns pourraient croire qu'après avoir déversé ma bile hier, je tente de me racheter. Que nenni. Quand j'ai aimé, je le dis mais quand j'ai éprouvé une déception, je tâche toujours de vous glisser en douce les références d'un autre titre...Ainsi votre cabas ne reste pas vide.
Un seul titre donc aujourd'hui pour un roman que j'ai dévoré d'une traite. Sauf le dernier chapitre que j'ai volontairement lu après avoir fait une coupure et le repas du soir accessoirement (hé oui, je ne fais pas que lire...).
Tout dans ce livre aurait pourtant dû me déplaire : un thème qui broie le coeur de tout parent, des personnages pas reluisants (la mère se décrit ainsi : "Cindy pensait qu'elle était une plouc, une ivrogne,  une cul-terreux" ) , malmenés par la vie , une région hostile, définie comme l'antithèse de Los Angeles...
Le Bourdon assuré au mois d'août, sortez les violons et la boîte de mouchoirs en papier pour affronter la litanie de clichés. Hé bien, pas du tout.
La disparition d'un enfant agit comme un catalyseur sur chacun des personnages et va leur donner l'occasion de revenir sur leurs propres pertes, les choix qu'ils ont faits et qui ont fait basculer leur vie sans qu'il s'en rendent immédiatement compte.
Leslie Schwartz ne juge pas à l'emporte-pièce, elle éprouve et nous fait éprouver de la compassion pour ses personnages . Ils pourraient tous être des stéréotypes (le prêtre, la propriétaire du bar-restaurant, les lesbiennes apicultrices...), mais chacun d'eux nous devient proche car il nous est montré avec ses contradictions , ses échecs, ses bonheurs tout simples. Aucun d'entre eux n'est parfait ni dans le mal , ni dans le bien. Ils essaient tous de se débrouiller le moins mal possible, comme nous tous.
Perdu dans les bois  est donc un beau moment de lecture .

31/07/2006

Conservons nos listes de courses !

Qui n' a jamais trouvé dans son chariot de supermarché, une liste de courses plus ou moins constellée de fautes d'orthographe, parfois banale, parfois inquiétante:      
                                                                            -Anniversaire de B.
                                                                                   -oeufs
                                                                                  -farine
                                                                                  -chocolat
                                                                                  -mort-aux-rats
                                                                                  - chrysanthèmes
Pour peu qu'un collectionneur de listes de courses (si, si ça existe), tombe dessus, vous êtes mal.
Pour peu qu'un écrivain en mal d'inspiration passe par là, vous êtes mal aussi car la liste est très à la mode en ce moment en littérature et il se fera un plaisir de glisser votre billet de commissions(un fragment du réel) dans son prochain ouvrage.
manhattanIl n'est que de voir Meg Cabot qui, dans Embrouilles à Manhattan, nous gratifie de telles listes (très chics, bien sûr), de recettes de cuisine, voire carrément d'addition de restaurant en fac similé. C'est rigolo, ça fait son petit effet mais ça sent surtout le cabotinage (je sais, c'est facile vu le nom de l'auteur), tous ces gens qui ne vivent que par les étiquettes (de marques bien sûr) qu'ils portent ou achètent, ça devient lassant.
Presque aussi décevant, le texte d'Anna Gavalda, que Laure  m'a si gentiment envoyé.Dans cette nouvelle inédite "Ma douce France", elle commence par énumérer toute une liste de clichés fleurant bon la France stéréotypée, rurale et franchouillarde. Pour mieux la pulvériser ensuite. Mouais. Au moins j'aurai appris qu'il existe un magazine "Sabots", "le magazine des ânes, chevaux de traits et autres animaux du terroir".
Plus intéressant (mais je vous préviens, plus difficile à se procurer), le fascicule de Sarah d'Hayer et Domique Gilliot (Editions RitaGada): Inventaires à bascule, pour mémoire.
A travers 46 listes très diverses et pleines d'humour ( qui existaient avant le projet) se dessinent deux personnalités attachantes et originales, ne serait ce que pour cette notation appartenant à la liste 6 intitulée Prix(pour comparatif ultérieur) : un pantalon Emmaüs Dunkerque: 1 euro 50. Toutes les fashion victims  peuvent aller se rhabiller.
C'est un livre qui donne envie de dresser des listes, je vous aurai prévenues !